Près de 9 familles monoparentales sur 10 à Bruxelles sont à charge des femmes. En 2020, un tiers des femmes aidées par un CPAS bruxellois élevaient seules leurs enfants, ce qui représente 10 585 familles. Parmi les personnes en situation de précarité, les mamans solo cumulent des difficultés sociales, économiques, personnelles, parfois culturelles, qui forment autant d’obstacles à leur droit de mener une vie digne et autonome.

En 2018-20, six CPAS, dont celui de Bruxelles, ont développé un programme grâce au soutien financier du SPPIS fondé sur le coaching et l’émulation par les pairs à l’attention de ces femmes. Il s’agissait non seulement de leur apporter une aide sociale adaptée à leur situation, mais aussi de leur proposer de participer à une dynamique collective qui leur permet de rompre l’isolement, la culpabilité et le sentiment d’impuissance qu’éprouvent certaines et ainsi renforcer leur estime de soi et augmenter les ressources sociales qu’elles peuvent mobiliser pour développer leurs projets personnels.

Dans sa phase pilote et jusqu’à ce jour, ce projet a permis à 40 mamans solo et une centaine d’enfants de retrouver leur confiance en elles, de créer du lien social et pour certaines, de l’ouverture et l’engagement dans des projets d’insertion socio-professionnelle. Le CPAS de la Ville de Bruxelles entend poursuivre et porter à 100 le nombre de femmes bénéficiaires, en pérennisant cette approche et en l’inscrivant dans la palette des outils dont disposent ses services sociaux décentralisés, d’ores et déjà sensibilisés aux difficultés cumulées auxquelles font face certaines femmes cheffes de famille monoparentales.

"L'évaluation de ce projet pilote démontre une extraordinaire diversité de situations, qui ont néanmoins plusieurs points communs : la méconnaissance de leurs droits, l’absence d’un réseau social utile, un sentiment de culpabilité sur le fait de ne pas y arriver pour nombre d’entre elles. Rien que sur le territoire de la Ville de Bruxelles, nous comptons plus de 7 000 femmes cheffes de familles monoparentales, dont environ 30% vivent dans la précarité sociale. Leur apporter des outils d’émancipation et les aider à exercer leurs droits fait partie des missions de base du CPAS", explique le président du CPAS Khalid Zian (PS).

Les femmes seront identifiées et invitées par les assistants sociaux des onze antennes décentralisées du CPAS à participer au projet, qui repose sur un système de pair-aidance, à savoir un accompagnement avec des experts de vécu, des mamans ayant vécu la même expérience de précarité et de monoparentalité qui seront engagées dans le cadre d’un contrat conclu en application de l’article 60 § 7. Leur expérience personnelle sera renforcée par une formation à la pair-aidance et au parcours de la monoparentalité. L’équipe sera encadrée par la case manager qui a assuré le projet pilote au sein du CPAS laquelle sera elle-même secondée par deux assistants sociaux qui seront chargés du coaching des experts de vécu.