414 pages traversent cet univers surréaliste. Magique monographie !

BRUXELLES Il ne pouvait être plus belle sanction de l'inauguration de la place Royale que la publication d'une somme. Aussi le fonds Mercator a-t-il réédité le Magritte de David Sylvester.

Ce dernier porte l'étiquette de meilleur spécialiste du sujet. Et pour cause : sa monographie tire le meilleur d'un catalogue raisonné en cinq volumes, signé par le même homme et fruit d'un quart de siècle de recherches. Restait à réactualiser les 414 pages indexées. Ce qui revint à Michel Draguet, lequel s'est penché sur la question en 16 pages titrées La reconnaissance infinie. René Magritte à l'épreuve de David Sylvester : histoire d'une rencontre improbable.

Passé cette analyse fouillée, le lecteur qui se sera fendu de 39,95 € traversera l'œuvre féconde du surréaliste. Par le biais d'une iconographie mettant bien sûr en lumière une kyrielle de tableaux (Le domaine d'Arnheim, La promesse salutaire, La clé des songes, L'ombre monumentale, etc.), mais également divers éléments de la vie de l'artiste.

On a beau garder en mémoire le préambule pêché dans les mots du maître ("... toute littérature critique rôdant autour du domaine de l'art se doit d'accuser son ridicule essentiel..."), rien n'amoindrit le bonheur visuel et textuel de cette bible , introuvable depuis sa parution première, il y a plus de dix piges.



© La Dernière Heure 2009