Le directeur de l’école régionale de formation des policiers (Erip) Jacques Gorteman devrait peut-être suivre une formation en gestion des ressources humaines et management. Dans son intervention devant les parlementaires bruxellois membres de la commission Intérieur, le 21 octobre dernier, l’ancien chef de la zone de police Ouest a explicitement dégommé ses policiers formateurs. "Je ne me plains pas du nombre de membres du personnel à disposition, je me plains plutôt de la qualité de ce personnel", a-t-il balancé tout de go sans que cela ne fasse visiblement réagir l’assemblée - de parlementaires, rappelons-le. "Ce n’est pas un secret", a-t-il embrayé. "Les chefs de corps ont rarement donné leurs meilleurs éléments à l’Erip pour qu’ils y enseignent ou y soient détachés à plein temps."

En réponse à une question du député-bourgmestre Vincent De Wolf (MR), Jacques Gorteman en a rajouté une couche, ciblant clairement certains policiers membres de son corps enseignant. "Votre zone de police est la plus concernée (la zone Montgomery, NdlR) car il y a sept personnes de votre zone chez moi. Si vous pouviez en reprendre six, ça m’arrangerait", a-t-il balancé dans un sourire à peine contrit avant, encore, d’en sortir une tout aussi énorme : "Je dois faire mon mea culpa car, quand je suis arrivé à l’Erip comme directeur, il y avait trois membres de ma zone que j’aurais bien voulu renvoyer directement mais je ne pouvais malheureusement pas…" Selon Jacques Gorteman, "quelques policiers - très rares - sont réellement motivés pour faire ce boulot". Tandis que "d’autres sont là pour des raisons médicales ou disciplinaires. Soit, encore, ils n’avaient plus envie ou ne pouvaient plus rester dans leur zone".

Un discours qui ne donne vraiment pas envie de venir se former dans son école de police…