Après à peine quatre mois en fonction, le directeur par intérim de l'ASBL Molenbeek Sport a remis sa démission ce matin. "Ca doit encore être entériné", indique d'emblée Patrick Thairet, avant d'expliquer les raisons qui l'ont poussé à prendre cette décision : "C'est très difficile de travailler, j'ai encore deux ans à tirer et je ne veux pas le faire dans des conditions qui abîment ma santé. Je me sens fatigué, plus apte à avoir une telle fonction, d'autant que je reste responsable de la piscine, qui est un gros secteur. J'ai fait l'intérim, il est temps que le conseil d'administration désigne quelqu'un d'autre. Il y a trop de dossiers judiciaires dans lesquels le CA a mis beaucoup d'énergie. Là, il doit s'atteler à faire repartir l'ASBL du bon pied."

Pour rappel, Patrick Thairet a été désigné directeur de Molenbeek Sport en novembre dernier. Il remplaçait alors Laurent Bensalah, que la commune avait relocalisé dans un autre service. Ayant déjà exercé la fonction pendant près de vingt ans, Patrick Thairet avait la confiance de nombreux collaborateurs de l'ASBL.

"C'est quelqu'un de correct, il ne pouvait plus travailler dans ces conditions, confie une source interne. L'équipe administrative est très touchée par son départ, d'autant que c'est la deuxième fois que ça arrive, pour en quelque sorte les mêmes raisons." En réaction, les travailleurs de l'ASBL ont décidé d'observer un arrêt de travail ce mercredi de 14h à 16h.

Selon l'administrateur et ancien échevin des Sports Ahmed El Khannouss (CDH), c'est la mauvaise gestion de l'ASBL qui a conduit à la démission du directeur faisant-fonction. "Cet énième épisode de Molenbeek Sport démontre une fois de plus que la politisation et les politiques de clientélisme ont mis à mal le bon fonctionnement de l'ASBL. Si l'actuel directeur, qui a des années de carrière, a décidé de partir, c'est parce qu'il refuse de jouer la note qu'on veut lui imposer et qui mène à des conflits entre clubs et met le personnel à bout."

De son côté, le président de Molenbeek Sport Jamel Azaoum (PS) assure que rien n'est encore fait. "On doit encore bien discuter avec lui pour voir comment on va avancer et comment planifier un agenda avec lui. Il avait bien précisé qu'il ne restait que pour six mois et on arrive tout doucement à l'échéance donc on doit se réorganiser."