Hier, le drone de la police fédérale a survolé le parc du Cinquantenaire. L’effet sur la population est immédiat.

Mercredi, 14 h 15 : plein soleil dans le parc du Cinquantenaire. Les deux policiers de la team drone de la police fédérale, Christophe Thyssens et Christophe Lebrun, font décoller leur drone. Les badauds approchent, filment, font des photos. Mission première de l’engin policier : faire le tour du parc du Cinquantenaire, à cheval sur Bruxelles-Ville et Etterbeek, pour vérifier que personne ne se regroupe. Au sol, une équipe de la police bruxelloise est prête à intervenir. Quelques minutes plus tard, l’équipe invite deux jeunes allongés dans l’herbe à se déplacer. Ce qu’ils font sans discuter. Un autre groupe installé quelques dizaines de mètres plus loin est lui aussi invité à se lever, à ne pas rester assis ensemble dans l’herbe.

"Notre job est de rappeler aux Bruxellois qu’ils ne peuvent pas se regrouper", explique l’inspecteur Christophe Thyssens. Le parc du Cinquantenaire est plutôt problématique, raison pour laquelle la présence policière y est permanente. Et en nombre. Afin d’éviter que les promeneurs s’assoient, la police a même étendu des bandes sur tous les bancs du parc. Néanmoins, "nombreux (sont ceux qui) n’ont pas conscience qu’ils doivent respecter les consignes", embraye un policier bruxellois.

"On leur dit de ne rester statiques dans le parc, ils s’en vont puis reviennent rapidement. C’est un peu comme si l’on vidait l’océan avec une petite cuillère. On en a vus en train de pique-niquer, d’autres en train de faire bronzette… Aujourd’hui encore, certains ne se sentent pas concernés par la pandémie", regrette ce policier. Cela vaut pour le parc du Cinquantenaire mais aussi ailleurs, comme au parc Malou, au parc de Bruxelles ou au Rouge-Cloître, lui aussi vu de haut par le drone.

Équipé d’un haut-parleur, le drone de la police fédérale lance également les messages rappelant les consignes de base, en trois langues. "Certains comprennent immédiatement, d’autres non", poursuit l’inspecteur de la police fédérale. "Alors on envoie une patrouille pour leur demander de quitter les lieux. Cela peut aller jusqu’à une verbalisation."

Particulièrement efficace dans les zones peu accessibles en voiture, tel le parc de la Woluwe, qu’il a déjà survolé à plusieurs reprises, ce drone ne vole pas qu’au-dessus des parcs. "Récemment, nous avons survolé le piétonnier. On a délogé une bande de jeunes qui venaient des quatre coins de Bruxelles. Ils savaient que c’était interdit. Le drone nous a aussi déjà permis de faire stopper des petites fêtes organisées sur les toits ou de faire fermer des cafés ouverts clandestinement."

À 14 h 35, le drone revient à son point de départ. Grâce à lui, les policiers n’ont pas dû faire le tour du parc au petit bonheur la chance. Le drone leur a permis d’intervenir directement sur les situations problématiques. Et c’est justement cela qu’on lui demande dans le cadre de cette mission Covid-19.

Dès aujourd’hui jeudi, un second drone sera d’ailleurs mis à disposition des six zones de police de la région bruxelloise. Preuve que les Bruxellois n’ont pas encore tous compris les consignes…