Selon le gérant d'un commerce ixellois, la police aurait tardé à intervenir lors des casses et débordements qui ont suivi la manifestation Black Lives Matter, dimanche soir à Bruxelles. Pourtant informées du pillage en cours dans certains magasins, les forces de l'ordre auraient mis plus de trois heures avant de se rendre sur les lieux. De son côté, la police se défend et estime avoir réagi en temps et en heure.

"La prochaine fois, on ne comptera pas sur la police" : tels sont les mots du responsable du Cash Converters situé chaussée d'Ixelles. Il s'estime lésé par la police. Son commerce, comme d'autres dans le quartier, a été vandalisé dimanche soir lors d'échauffourées à Matonge.

"J'ai reçu un appel aux alentours de 17h00: l'alarme de mon magasin venait de se déclencher", raconte-t-il. Il se met alors immédiatement en route pour Ixelles, et prévient la police, qui tarde à répondre. Lorsque le gérant arrive au magasin, aux alentours de 18h, la police n'est pas encore sur les lieux. Le commençant constate alors les dégâts, et discute avec plusieurs témoins: "Certains de mes clients se tenaient face à la devanture pour empêcher d'autres casseurs de pénétrer à l'intérieur. Ils m'ont informé qu'une petite dizaine de jeunes, âgés entre 14 et 15 ans, avaient cassé les vitres à l'aide de briques et volé plusieurs montres et GSM", confie le gérant. 

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Selon les témoins, le casse aurait duré environ une heure, durant laquelle les jeunes se seraient introduits dans le magasin à deux reprises. D'autres commerces voisins ont également été vandalisés au même moment, apparemment sans aucune réaction de la police. "Elle n'est arrivée dans le quartier qu'aux alentours de 20h30, bien après les casses", explique-t-il. "Les agents sont venus constater les dégâts dans mon magasin seulement vers 21h30", déplore-t-il.

Des dégâts importants

Ce mardi, le gérant accueille à nouveau ses clients, et commence à évaluer le montant total de ses pertes. "Je m'attends à une somme relativement importante: j'ai deux vitres à remplacer, et des dizaines de montres et de téléphones qui ont disparu", regrette le gérant. Les assurances devraient dédommager une partie de ses frais, et le commerçant espère également une intervention de la commune. Christos Doulkeridis, le bourgmestre d'Ixelles, s'est d'ailleurs rendu lui-même chez Cash Converters pour évaluer l'étendue des dégâts.

Une incompréhension face au manque de préparation

S'il est déçu par le délai d'intervention de la police, il a également du mal à comprendre son manque d'anticipation: "Je trouve ça assez étrange qu'on autorise une manifestation, mais qu'on ne prévoit pas les dégâts potentiels. On a tous vu comment ça a dégénéré aux Etats-Unis ou même en France,  il fallait s'y attendre aussi à Bruxelles", estime-t-il. 
 
 
"Si j'étais à l'étranger et que je n'avais pas pu me rendre sur place, mon magasin serait resté sans surveillance jusque 20h30: vous imaginez ce qu'il aurait pu se passer?", s'interroge le gérant.

De son côté, dans une interview accordée à lalibre.be, le chef de corps de la police de Bruxelles-Capitale - Ixelles, Michel Goovaerts, dément toute intervention tardive et assure que "les décisions ont été prises en temps réel".