Les hôtels et appart-hôtels de la capitale pourront bénéficier, sous certaines conditions, d'une aide régionale allant jusqu'à 200 000 euros par établissement et 800 000 euros maximum par entreprise. Ainsi en a décidé le gouvernement bruxellois ce jeudi. Les mesures prises en Belgique, mais aussi dans le reste du monde pour enrayer la propagation du Covid-19 ont conduit à un quasi arrêt de l'industrie touristique.

Celle-ci génère environ 10% des revenus de la Région bruxelloise et plus de 50 000 emplois directs. Le tourisme de séjour qui génère annuellement 1,2 milliard d'euros en Région bruxelloise est particulièrement fragilisé par la pandémie qui touche tout le secteur.

Le gouvernement bruxellois estime qu'il importe d'éviter les faillites qui menacent de nombreux exploitants pour protéger les nombreux employés de ces hébergements, garder une offre complète pour pouvoir accueillir les événements professionnels notamment, et éviter de créer des chancres urbains. Il en va enfin de l'image de la capitale européenne, a souligné le gouvernement bruxellois pour justifier sa décision d'octroi d'une aide exceptionnelle.

Celle-ci prendra la forme d'une prime forfaitaire de 20 000 euros pour un hébergement touristique d'une capacité maximale de 18 unités d'hébergement et d'une prime de 1 100 euros par chambre d'hôtel ou autre unité d'hébergement pour les logements touristiques d'une capacité de plus de 18 unités d'hébergement, avec une limité à 200 000 euros par hôtel ou appart-hôtel.

Par entreprise, le montant global ne pourra excéder 800 000 euros. Il ne pourra y avoir qu'une seule demande par entrepreneur.

Pour pouvoir bénéficier de cette prime, les opérateurs doivent remplir plusieurs conditions : être en règle avec la publication de leurs comptes annuels à la Banque nationale de Belgique (BNB); répondre à un certain nombre de critères de santé financière; ne pas avoir de dettes fiscales ou de sécurité sociale impayées au moment de la demande d'aide; ne pas avoir le statut d'entreprise en difficulté au 31 décembre 2019. Ils ne pourront pas non plus avoir reçu d'aide supérieure à 800.000 euros dans le cadre des aides temporairement tolérées par l'Union européenne; ne pas avoir licencié ou mis au rebut collectivement des employés entre le 23 mars et le 31 décembre 2020.

Le formulaire de demande sera disponible à partir de lundi, le 26 octobre. La demande doit être introduite au plus tard le 13 novembre via le site internet de Bruxelles Économie et Emploi et IRISbox.

La prime accordée sera versée en une seule fois dès que possible. La décision d'attribution sera notifiée au plus tard le 31 décembre 2020.

Le secteur en veut plus

La Brussels Hotel Association s'est réjouie jeudi de la confirmation de ces nouvelles mesures d'aide. L'association a dit attendre à présent du gouvernement fédéral qu'il prenne des mesures structurelles complémentaires, indispensables depuis le début de la crise. "Cette mesure, indispensable à la survie d'un secteur clé de l'économie bruxelloise, était attendue de longue date et son adoption définitive est une heureuse confirmation. La BHA insiste à présent sur une applicabilité rapide et espère que celle-ci ne rencontrera pas de problèmes d'exécution, car l'urgence est grande pour chaque hôtel" a affirmé le secrétaire général de la Brussels Hotel Association, Rodolphe Van Weyenberh.

Selon le gouvernement bruxellois, les hôtels et appart-hôtels de la capitale pourront bénéficier, sous certaines conditions, d'une aide régionale allant jusqu'à 200.000 euros par établissement et 800.000 euros maximum par entreprise.

"Nous ne doutons pas que le gouvernement fédéral prenne à présent les mesures structurelles complémentaires indispensables depuis le début de la crise. Les charges reportées et arrivant à échéance ne sont tout simplement pas assumables pour un secteur sans recette, depuis déjà sept mois, et sans report d'activité", a ajouté Rodolphe Van Weyenbergh.

Celui-ci a rappelé que sans avoir l'obligation de le faire, de nombreux hôtels sont fermés, faute de client, depuis la mi-mars. Certains qui ont rouvert, après le premier confinement, ferment à nouveau à la suite des dernières mesures de restriction. Quant à ceux qui sont (restés) ouverts, ils sont vides depuis la mi-mars.

En Région bruxelloise, le secteur a subi chaque mois, depuis mi-mars, des baisses moyennes de chiffres d'affaire de 90% ou plus. Aux mois d'octobre et suivants, les chiffres attendus sont encore plus bas.

Au sein de l'Horeca, il ne peut être fait de distinction au niveau des mesures de soutien annoncées par le gouvernement fédéral (exonérations ONSS et prise en charge de la prime de fin d'année) entre ceux qui ont l'obligation de fermer et ceux qui sont fermés de facto, faute de client, ou qui sont vides (depuis 7 mois déjà et sans reprise attendue à la fin du confinement en raison de leur dépendance à la clientèle internationale). Si c'est le cas, l'hôtellerie des grandes villes belge et les emplois qu'elle représente en sera la première victime, a conclu le secrétaire général de BHA.