À la cour d'assises, la victime a dit avoir bonifié depuis la fameuse tentative d'assassinat

BRUXELLES Stupéfaction, hier, devant la cour et le jury d'assises de Bruxelles-Capitale. Eric V. est venu témoigner en faveur de son ancienne compagne, Muriel Hauwaerts, qui a avoué avoir tenté de l'assassiner avec son amant, Alain Verhaegen.

Après que celle-ci avait plongé la victime dans un profond sommeil en droguant son café, celui-là lui avait planté un harpon en pleine tête. Mais le quadragénaire a tout pardonné à la femme de sa vie.

"Ça va sans doute choquer ", a-t-il exposé lentement, "mais le harpon m'a fait du bien ! Il y avait un Eric avant. Et maintenant, il y a un Eric après. Il y a eu un choc effroyable dont j'essaie de tirer les bénéfices. Je découvre beaucoup de choses avec les psys. J'essaie de savoir qui est responsable de quoi. Dans ma manière d'agir, j'ai peut-être favorisé les projets de Muriel et d'Alain... "

Le témoin a reconnu qu'il faisait régner un climat de terreur à la maison. Il ne l'avait pas dit jusqu'ici mais, auparavant, il aurait été dans un autre état d'esprit. Il commencerait à voir clair sur sa vie de couple. Il a reconnu aussi que l'un de ses enfants est né d'un viol commis sur Hauwaerts. Elle l'en a accusé, lundi encore.

Du reste, il va visiter la trentenaire cinq fois par semaine à la prison. Il attend impatiemment son retour. Les enfants aussi. Ils la réclament sans cesse. Il lui écrit des lettres enflammées et avait même demandé à la juge d'instruction, Berta Bernardo Mendez, de lui permettre d'assister à une fête du patro avec leurs deux enfants. Ceux-ci avaient également écrit personnellement à la magistrate, mais en vain.

Quand la présidente de la cour, la juge Karin Gerard, lui a demandé quelles étaient ses perspectives d'avenir, il a répondu : "L'avenir le dira ! ", laissant comprendre qu'il fallait que l'accusée sorte le plus vite possible. Médusés, les jurés et les avocats n'ont posé aucune question.

Le fils aîné de Hauwaerts, né d'un autre lit, a également été entendu. Sa mère lui avait demandé de trouver un revolver. Puis, elle lui avait dit qu'elle allait assassiner Eric V. avec une seringue. Quelques jours après le drame, l'adolescent a tenté de se suicider.



© La Dernière Heure 2009