Myriam Wittamer, petite-fille du fondateur de la pâtisserie Wittamer, est décédée. Elle avait 74 ans. C’est ce qu’annoncent nos confrères de L’Echo ce 5 octobre. Avec son frère Paul, elle présidait encore jusqu’il y a peu aux destinées de l’entreprise familiale, qui emploie 45 personnes, d’après ce qu’indique sa bio LinkedIn. En 2021, le duo avait cédé la main à un trio d’investisseurs, comme annoncé sur le site de l’entreprise.

"Mon grand-père faisait livrer ses pains dans une charrette tirée par des chiens", expliquait Myriam Wittamer à nos confrères de L'Avenir en octobre 2010. La pâtisserie fêtait alors les 100 ans de l’emblématique enseigne fondée en 1910 au Sablon, place aujourd’hui prestigieuse mais qui n’était alors que le prolongement des populaires Marolles.

Depuis lors, les Wittamer ont exporté leur nom enrubanné de rose bonbon aux quatre coins du monde, auréolé des armoiries royales de Belgique en tant que fournisseur de la Cour. Ainsi, Wittamer compte une vingtaine de points de vente au Japon et fournit également une clientèle huppée aux Émirats et aux USA. Sans doute grâce aux talents de la patronne, formée à l’art mais aussi aux affaires depuis l’échoppe du Sablon.

Nous nous concentrons sur les classiques, sans la prétention d’un designer de mode. Plutôt que de viser les 2% d’élite qui exigent du chocolat extra-noir de noir, on travaille à l’américaine: on donne au client ce qu’il préfère

Au-delà de créations en hommage à Magritte ou Delvaux, Myriam Wittamer affichait en tout cas la conviction que rien ne remplace le goût régressif d’un chocolat belge au classicisme raffiné. Ainsi, lors de l’importantissime période pascale de 2012, elle déplorait cette "mode française pour les chocolats très originaux, très acides. Les gens y goûtent mais n’y reviennent pas». Et de développer: «Nous préférons nous concentrer sur les classiques, sans la prétention d’un designer de mode: “la mode passe, le style reste”, disait Coco Chanel. Plutôt que de viser les 2% d’élite qui exigent du chocolat extra-noir de noir, on travaille donc à l’américaine: on donne au client ce qu’il préfère".

Les files qui s’allongent pour goûter aux macarons, forêt-noire et pralines floqués du fameux 'W' sont le meilleur hommage à cette belgitude assumée, enrobée d’une coque de modestie pur sucre.