Bruxelles

En juin, la direction avait constaté des agissements suspects de la part de personnes étrangères à l’institution

BRUXELLES La police judiciaire fédérale de Bruxelles a perquisitionné les bâtiments du Mont-de-Piété, rue Saint-Ghislain, à Bruxelles, hier mardi.

Sur base d’éléments constatés par l’équipe du contrôle interne du Mont, la PJ soupçonne trois employés (un contractuel et deux statutaires présents depuis longtemps au Mont-de-Piété) ainsi qu’un acheteur externe d’avoir organisé des transactions illégales au sein même de l’institution spécialisée dans le prêt sur gages et la vente publique.

Entendus hier par la police, les suspects seraient en aveux complets. Concrètement, quelqu’un se présentait au guichet de l’engagement pour faire expertiser un bien qu’il souhaitait mettre en gages ou en vente publique.

L’un des experts lui disait alors qu’il était possible de trouver une solution plus rapide. Disait au client de patienter dans la salle d’attente puis téléphonait à un contact qui débarquait fissa les poches chargées de billets.

“Certaines transactions se déroulaient dans la salle des guichets puis, dans un deuxième temps, cela se faisait sur le trottoir du Mont-de-Piété” , commentait le président du conseil d’administration du Mont de Piété, Christian Van der Linden, surpris par le fait que ces personnes “ne savaient visiblement pas que le Mont-de-Piété dispose d’un système de surveillance dernier cri” . Les clients n’ont pas subi de préjudice, embraye Christian Van der Linden. Partie civile, l’ancestrale institution déterminera quant à elle ultérieurement et “plus finement” le manque à gagner généré à cette arnaque peu glorieuse.

Au-delà, le président du conseil d’administration estime “scandaleux que l’on puisse oser pratiquer un tel détournement dans une institution publique dont la mission est justement de veiller à ce que les gens ne soient pas livrés au premier orpailleur venu ou à des taux d’usuriers” .

Dans ce cas-ci, il semble que la valeur des objets vendus sous le manteau corresponde globalement aux tarifs appliqués par l’institution. Idem pour les commissions : 10 % à charge du vendeur, 20 % à charge de l’acheteur.

Un conseil d’administration extraordinaire se tiendra cet après-midi rue Saint-Ghislain. Ordre du jour : les mesures disciplinaires à l’encontre des suspects.



© La Dernière Heure 2010