88 700. C’est le nombre de chômeurs à Bruxelles, annonçait ce jeudi Actiris, soit 15,5 % de la population employable. Pas d’augmentation, ni de baisse significative depuis 2019. Pour David Leisterh, président du MR bruxellois, ce statu quo malgré la pandémie et ses conséquences économiques n’est pourtant pas à ignorer. Le libéral soulignait sur Twitter que le nombre d’offres d’emploi avait augmenté de 88 %. Si c’est avant tout une question de changement au niveau des critères de sélection des offres au sein d’Actiris, David Leisterh a réfléchi à trois axes pour améliorer le chômage à Bruxelles.

Cibler et former

Bien que reconnaissant des efforts fournis par Actiris, le président régional du MR souligne “l’inadéquation” des formations disponibles par rapport à la réalité du travail. “Il faut une approche plus chirurgicale, demandez à un jeune de quartier en difficulté de citer un ou deux centres de formation, même près de chez lui, je ne suis pas certain que vous aurez un ou deux noms. […] On sait où sont les poches de demandeurs d’emploi de génération en génération, c’est là où il faut apporter une offre concrète.” Le président cite le travail réalisé à Malines, où “un écosystème propice à l’emploi est présent, même auprès des écoles”.

Contacté, le ministre de l’emploi Bernard Clerfayt (DéFI) n’a pas manqué de réagir. “Monsieur Leisterh semble ignorer le travail réalisé quotidiennement par Actiris et par les maisons locales de l’emploi qui sont dans les quartiers. Il est clair que ces mécanismes ne touchent pas encore tous les jeunes, mais l’ensemble des jeunes à Actiris (plus de 8 000) font l’objet d’un suivi par leur accompagnateur.” Avant de rappeler de ne pas tomber dans le cliché, si de nombreux jeunes sont chez Actiris, la plupart sont nouveaux, et trouvent vite de l’emploi.

Toujours sur la formation, David Leisterh aimerait donner d’avantage de clés aux entreprises pour qu’elles puissent former leurs employés, principalement là où il y a pénurie de main-d’œuvre, dans le bâtiment et l’Horeca. Cela passera notamment par la revalorisation des métiers, (et par le débat sur la pénibilité qu’il appelle à rouvrir) et un investissement supplémentaire pour l’institut des Arts et métiers. “Il y a un travail à faire autour de cette école, qui pourrait être pourvoyeuse d’emplois ou de formations porteuses. Il y a un paquet à mettre en revalorisation symbolique, mais aussi en faire une filière d’excellence.”

Enfin, la question qui fâche. Que faire des chômeurs qui le restent longtemps ? “Après un certain délai, il devient difficile de comprendre que quelqu’un refuse une formation, même dans un secteur qui ne l’intéressait pas.” Le MR bruxellois est donc favorable à une obligation de travail. “De l’idéologie qui ne fonctionne pas, et c’est prouvé dans d’autres pays” répond le ministre Clerfayt.

Sylvain Anciaux