Le droit de pétition citoyenne ramené à mille signatures au lieu de 5 000. La nouvelle ordonnance a été votée à l'unanimité.

Petite révolution dans le droit de pétition des Bruxellois. Cet après-midi, l'ensemble des partis représentés en commission Finances et Affaires générales ont voté en faveur d'une baisse substantielle du nombre de signataires imposé jusqu'ici dans le cadre du droit de pétition. Concrètement, il ne faut désormais plus que mille signatures pour qu'une pétition soit débattue au parlement bruxellois. Les signataires doivent être domiciliés à Bruxelles et être âgés de plus de seize ans. 

A l'initiative de la modification de cette ordonnance, le président du parlement bruxellois Rachid Madrane (PS) se réjouit que tous les partis aient voté en faveur de la proposition. "Nous ouvrons les fenêtres et les portes de notre parlement aux Bruxellois. Ceci va apporter nouveau souffle à notre démocratie. Rappelons-nous l'étude Noir Jaune Blues. Elle disait que seuls 32% des Belges pensaient que notre système démocratique fonctionnait plutôt bien. Et 25% disaient que voter était utile et servait à changer les choses. C'est très peu ! Il fallait répondre à cette crise de confiance. J'espère que les Bruxellois s'empareront de l'outil. J'espère qu'ils pourront faire entendre leur voix."

Avant, il fallait 5 000 signatures pour porter une pétition à la tribune du parlement bruxellois. Depuis 2016, une seule pétition a réussi a réunir 5 000 signatures. C'était en mars dernier, juste avant le confinement, pour demander que la Région bruxelloise recale le CETA. Le seuil était trop élevé, a jugé le président du parlement bruxellois. 

Outre la diminution du seuil de signatures, la nouvelle mouture de cette ordonnance balise également les commissions délibératives. Lancées en début de législature, ces commissions ont pour but de rassembler quinze députés et 45 Bruxellois tirés au sort pour débattre d'un sujet bruxellois d'intérêt général. "Ici aussi, il suffira de réunir 1 000 signatures pour créer une telle commission", poursuit Rachid Madrane qui espère que l'initiative bruxelloise fera des émules dans tout le pays. Il reste encore à créer un vade-mecum précis et objectif sur ce tirage au sort afin qu'il soit représentatif de la société bruxelloise. "Ce vade-mecum devrait être prêt au plus tard pour la fin de l'année pour un lancement début 2021", espère l'élu socialiste.

Tous les sujets, pour autant qu'ils soient d'intérêt général pourront être portés en commission délibérative ou à la tribune du parlement bruxellois et de la Cocom. On peut penser ici au débat sur la colonisation du Congo qui fait rage actuellement ou de la question de la mobilité dans le Bois de la Cambre, etc.

La nouvelle ordonnance sera votée en séance plénière du parlement bruxellois le 3 juillet prochain. Libre à chaque Bruxellois ensuite de lancer des pétitions d'intérêt général sur Bruxelles...