Semaine passée, le gouvernement bruxellois présentait son Plan d’urgence logement (PUL). Ce plan vise à combler l’immense retard accumulé par Bruxelles en matière de logements sociaux. Il vise aussi à ralentir au maximum l’augmentation du prix des loyers (+20 % en cinq ans). Le tout via 33 mesures distillées en cinq chantiers.

Outre le fait qu’elle n’a pas pu débattre de ce plan au parlement avec la présentation à la presse, l’opposition n’a visiblement pas du tout été convaincue par ce 3e plan logement bruxellois en 15 ans.

Certainement la mieux placée pour en parler, l’ancienne ministre du Logement et aujourd’hui cheffe de groupe CDH au parlement Céline Fremault avoue son "immense déception face à ce plan qui se caractérise par un virage à gauche toute avec des choix idéologiques très marqués qui clivent fortement au lieu de rassembler locataires et propriétaires". Si elle salue la poursuite de l’acquisition clé sur porte, "présentée comme une nouveauté mais en réalité initiée sous l’ancienne législature", Céline Fremault déplore le manque d’ambition en matière d’accès la propriété. "C’est la douche froide complète : une vague étude et aucune volonté politique affirmée. D’après l’agenda annoncé, une réforme fiscale ne verra pas le jour sous la législature 2019-2024", déplore-t-elle.

Par ailleurs, "le PUL ne rassure absolument pas sur la volonté du gouvernement de renforcer les AIS. Enfin, le gouvernement actuel s’obstine sur de fausses bonnes idées telles, par exemple la mise en place d’une commission paritaire locative dont il a été démontré par une étude approfondie indépendante sous la précédente législature qu’elle ne conduirait qu’à un échec ou la notion de conventionnement pour des loyers abordables qui tend vers un encadrement des loyers qui n’ose pas dire son nom."

Au MR, Vincent De Wolf pose la question du timing et de la méthode. "Pourquoi a-t-on attendu si longtemps ? C’est décevant. De plus, l’allocation loyer votée sous Céline Fremault fin 2018 ne rentrera en vigueur qu’au 1er octobre 2021", dénonce le député libéral qui s’interroge encore sur l’embauche de chasseurs de biens : "Comment ceux-ci vont-ils pouvoir trouver des logements à prix bas dans un marché locatif de logements déjà saturés ?"

Le PTB pointe quant à lui l’absence d’encadrement contraignant des loyers. Françoise De Smedt, cheffe de groupe au parlement, estime que "le gouvernement n’a pas la volonté de faire baisser les loyers ni de faire contribuer les gros promoteurs privés pour la construction de logement abordable. Le PTB demande un encadrement des loyers et d’imposer un tiers de logements sociaux dans les gros projets immobiliers."