Près de 10 000 commerces ont quitté Bruxelles en l’espace de dix ans. La Région veut enrayer le phénomène.

De plus en plus de petits commerces désertent la capitale. Ces espaces ne sont pas toujours repris mais quand ils le sont, la plupart du temps, c’est au profit d’activités de services ou du secteur horeca. Ainsi, en l’espace de dix ans à peine, ce sont près de 9 700 petits commerces qui ont disparu de la capitale. A titre d’exemple, 2 500 petits magasins ont déserté la Wallonie sur la même période.

Plusieurs facteurs sont à l’origine de ce phénomène : loyers peu attractifs, pression des promoteurs immobiliers, réduction du flux des passants et concurrence inexorable du commerce en ligne. Tous ces facteurs participent à l’exode - sinon à la faillite - des commerçants des grandes villes et à la prolifération des vides locatifs.

Cette problématique a fait l’objet d’un débat la semaine dernière en commission Affaires économiques du parlement bruxellois suite à une question du député MR David Leisterh. "Quels sont les mécanismes d’accompagnement mis en place en Région bruxelloise pour faire face à cette concurrence et permettre à ces indépendants de diversifier leurs activités, notamment par la mise en place de services en ligne ?", a-t-il demandé.

Dans sa réponse, la secrétaire d’Etat en charge de la Transition économique Barbara Trachte (Ecolo) affirme être bien consciente de cette problématique. "Le commerce de proximité est important à nos yeux. Nous l’avons d’ailleurs inscrit dans l’accord de gouvernement. Tout d’abord, l’existence d’une certaine vacance est naturelle, voire même saine puisqu’elle permet le roulement des commerces. On parle d’un taux de vacance commerciale naturel de 10 %", explique-t-elle.

Elle compte toutefois sur le soutien de hub.brussels afin de soutenir et accompagner des nouveaux projets, tout en se servant du levier que constitue le commerce en ligne.

"Il est clair que l’e-commerce constitue un danger pour le commerce local. Même si les achats réalisés en ligne ne constituaient que 2,2 % des dépenses des ménages bruxellois en 2017, cette tendance va aller croissant dans les années à venir. Le défi est donc de permettre aux commerces (ou entreprises sans point de vente) localisés à Bruxelles de se positionner dans le domaine de l’e-commerce pour capter une partie de ces dépenses, sans être phagocytés par les grandes plates-formes multinationales. Les équipes de hub.brussels peuvent dès lors accompagner les porteurs de projets sur certains points spécifiques, notamment pour déterminer les produits susceptibles de bien se vendre en ligne et trouver les fournisseurs", conclut-elle.