La semaine dernière, le ministre en charge de la Propreté publique dévoilait dans nos pages la stratégie globale de propreté de la Région bruxelloise. Instauration d'un dialogue entre tous les acteurs concernés, focus sur la gare du Midi, la place Liedts, le Mont des Arts et la place Flagey, création d'un poste de manager public pour chacune de ces quatre zones : "Pour la première fois, nous allons mettre l’ensemble des acteurs concernés autour de la table pour passer d’un mode contractuel où on se partage les rues à nettoyer à un réel partenariat permettant à toutes les parties de travailler de concert", expliquait alors Alain Maron (Ecolo).

Mais sa stratégie ne fait pas l'unanimité parmi les échevins bruxellois de la Propreté. A Jette, Mounir Laarissi (CDH) déplore l'absence de mesures concrètes. "La propreté est l'une des priorités des Bruxellois(es). Les pistes de solutions qui sont amenées par la Région sont très floues. On nous dit qu'on va se rencontrer alors que ça fait un an et demi qu'on se rencontre. Chez les échevins, il y a une fatigue et un ras-le-bol autour de la table."

L'échevin pointe le manque de moyens déployés par la Région. "Le budget de ce plan est de 270 000 euros alors qu'une commune comme Anderlecht a lancé un vrai plan propreté de 2 millions d'euros avec une vraie planification des contrôles. Anderlecht engage 80 personnes pour mettre ce plan en œuvre et la Région, seulement quatre managers de zone. Venir avec des chiffres comme ça pour toute la Région, ce n'est pas possible. Et puis, où est le nord de Bruxelles dans ces quatre zones ? On se sent mis à l'écart par rapport à ce test."

A Ganshoren aussi, les chiffres interrogent. "Je suis interpellé que la Région ne dispose que de six caméras mobiles alors que j'ai dix juste pour Ganshoren, indique Stéphane Obeid (MR). La Région doit développer un vrai volet sanction. C'est ça qui pêche un peu aujourd'hui : il y a beaucoup de campagnes de sensibilisation mais un défaut de gestion des voiries régionales et de politiques de répression efficaces. Il ne faut pas attendre la fin du plan pour changer notre manière de travailler. Les communes devraient par exemple pouvoir intervenir sur les voiries régionales car c'est là qu'il y a le plus gros des dépôts clandestins."

De son côté, Alain Maron persiste et signe : la coordination entre les différents acteurs, communes comprises, doivent être améliorées. "Je suis assez surpris d'entendre que certains échevins estiment que la coordination est bonne. Je pense que ce qui a été mis sur la table avec de l'accompagnement est intéressant et permettra de déployer des outils pour une meilleure coopération à l'avenir. La Région a suffisamment de moyens pour cela. En ce qui concerne la propreté des voiries, il s'agit d'une compétence communale, ce sont donc aux communes d'attribuer plus ou moins d'argent à la propreté publique en fonction de leur budget."