Porté par l’entreprise Coca-Cola, le premier projet d’éolienne de grande taille sur le territoire de la Région bruxelloise suscite déjà quelques crispations. D’une hauteur totale de 150 mètres, d’une puissance de 2 400 kW et d’une surface balayée de 10 752 m2, cette éolienne doit s’installer au pied du siège de Coca-Cola Belgique, chaussée de Mons à Anderlecht.

Cette semaine, le dossier est passé en commission de concertation à la commune d’Anderlecht. L’occasion pour le chef de groupe MR Gaétan Goidsenhoven de déplorer l’absence de cadre législatif pour ce type de projet à Bruxelles. "Il est anormal que la Région bruxelloise ne dispose toujours pas de cadre réglementaire éolien. Si l’on veut promouvoir le développement de nouveaux projets d’énergie verte, ce qui est évidemment souhaitable, il faut pouvoir disposer d’un cadre pertinent. À cause du vide juridique bruxellois, Luminus a été obligé de se baser sur les méthodologies appliquées en Région wallonne", déplore le libéral. "À cause du manque d’anticipation du gouvernement bruxellois, ce qui était un dossier exemplaire risque de devenir un véritable pataquès. J’y vois une occasion manquée à tous les points de vue." L’édile pointe également l’absence totale de concertation. "Les riverains et les entreprises environnantes n’ont pas été consultés. Il s’agit d’un traitement pour le moins anarchique, qui donne une image désastreuse des ambitions bruxelloises en matière d’énergie renouvelable."

À la question de savoir si une éolienne d’une telle taille a sa place dans un environnement urbain aussi dense, le MR affiche une certaine réticence. Il demande en tous les cas que le dossier reparte de zéro pour qu’au moins, les habitants du quartier puissent être consultés. "Le projet est contesté par différentes entreprises présentes dans la zone et les avis émis lors de la commission de concertation ont été assez critiques, de sorte qu’on s’attend à un avis négatif", a-t-il encore commenté.

Plusieurs sites d’intérêt biologique se trouvent dans l’environnement immédiat de la future éolienne : deux sites Natura 2000 et cinq réserves naturelles se trouvent à moins de 5 km tandis que la réserve naturelle et forestière de la vallée du Vogelzang pointe à 300 m du projet. L’intérêt botanique, dans un rayon de 500 mètres, est néanmoins jugé faible par le rapport d’incidences, à l’exception du Vogelzang.

En matière de nuisances sonores, le rapport d’incidence estime que "que le bruit spécifique de l’éolienne ne soit pas perceptible et non distinguable du bruit ambiant", à savoir "le bruit de fond routier prédominant et le bruit lié à l’activité économique et industrielle". Toujours selon le rapport d’incidence, un "impact moyen est pressenti pour la buse variable, le faucon crécerelle, la mouette rieuse, le pigeon ramier, le faucon pèlerin, le goéland argenté, le goéland brun et le goéland cendré". Un "impact fort est par ailleurs attendu pour les chauves-souris." Ces animaux ont tous été répertoriés dans l’environnement très proche du projet.