Les nouveaux espaces publics bruxellois seront aménagés en tenant compte de la fonction événementielle.

Huit places publiques animées, plus d’une trentaine de salles de spectacle et une quarantaine de festivals par an : voilà qui dresse un portrait chiffré du bouillonnant Quartier des Spectacles situé en plein cœur de Montréal sur un territoire d’1 km2. Alors que le foisonnement culturel de la métropole du Québec ne date pas d’hier, c’est en 2003 que celle-ci a décidé d’en faire un levier de développement économique et touristique en mettant sur pied l’organisme Quartier des Spectacles. Celui-ci est chargé de pérenniser les grands événements et d’animer l’espace public dans les périodes creuses tout en veillant à maintenir un équilibre entre les fonctions d’animation et résidentielle.

Un pari réussi au regard des retombées économiques : les 150 millions de dollars canadiens investis par le public dans les infrastructures ont engrangé près d’1,5 milliard d’investissements privés dans l’immobilier entre 2007 et 2015. Désireuses de développer l’économie événementielle et culturelle, les autorités bruxelloises suivent de près l’évolution de ce quartier montréalais où tout a été pensé de manière à offrir un cadre sur mesure aux organisateurs d’événements.

Installés de façon permanente, neuf mâts géants servant à l’éclairage scénographique sont aussi utilisés comme structures d’accrochage dans le cadre de performances. Des accès à l’eau, l’électricité et la fibre optique facilitent l’installation des productions qui peuvent se déployer plus rapidement et en toute sécurité sans passer par des phases compliquées de montage et démontage.

"Il faut équiper les villes en fonction des événements, c’est évident ! Nous l’avons déjà fait lorsque la patinoire des Plaisirs d’Hiver se trouvait au Vismet. Les gens en avaient marre de la présence d’un groupe électrogène et on a demandé à Sibelga d’encastrer dans le sol une borne électrique", commente Philippe Close (PS).

Le bourgmestre de la Ville de Bruxelles affirme qu’une telle démarche sera systématique à l’avenir. "Ce sera le cas au Heysel puisqu’on va tout ouvrir dans le cadre du projet Neo. On pourra mettre des équipements partout, c’est dans les plans. On a déjà demandé à Couleur Café de repérer les endroits où c’est nécessaire. À cause des groupes électrogènes, on doit refaire le gazon à chaque fois tandis que l’enfouissement de bornes coûte de l’argent, mais une fois seulement."

Installer de tels équipements dans le centre-ville où se déroulent déjà de nombreux événements d’envergure parmi lesquels le Brussels Summer Festival et les Plaisirs d’Hiver sera par contre moins évident. "Montréal s’est dotée de structures de diffusion d’événements, ce qui est très inspirant mais pas importable chez nous à 100 %. À notre décharge, notre patrimoine est classé Unesco, ce qui rend les choses plus complexes. Chaque modification dans l’espace public est soumise à l’avis de la Commission royale des monuments et sites", rappelle Olivier Mees, directeur de Brussels Major Events (BME).