Il y a deux semaines, les négociations autour du Champ des Cailles semblaient portées par des vents favorables. Ce mardi, changement de cap, ou plutôt coup de frein : le bourgmestre Olivier Deleuze (Écolo) indique quitter la table des négociations avec les instances régionales.

Pour rappel, le bras de fer oppose les instances régionales socialistes et les autorités communales écologistes sur l’avenir de ce terrain champêtre occupé partiellement par une activité agricole. Il y a deux semaines, la Ferme avait annoncé ne pas s’opposer à un projet de construction, en espérant toutefois l’impact le plus faible. Les acteurs se sont donc mis autour de la table, mais aucun accord n’a pu être scellé…

La commune de Watermael-Boitsfort a proposé la construction de 80 logements sociaux dans le périmètre du PPAS : 30 sur le terrain Triomas (rue des Scabieuses), 25 sur le terrain Petites Cailles… et 25 sur le champ des Cailles. À quoi s’ajouterait la conversion de 13 logements moyens en logements sociaux. "Malheureusement, dans l’état actuel des contacts, la SLRB n’accepte pas cette proposition de compromis", indique Olivier Deleuze dans un communiqué, qui se dit prêt à se remettre à la table "mais pas à n’importe quel prix".

Le PS "désabusé" par Ecolo

"Je suis désabusé", rétorque le député bruxellois Martin Casier (PS), chef de groupe socialiste à Watermael-Boitsfort. "Je pensais qu’on avait réussi à remettre en place une dynamique positive. C’est un manque de courage politique à construire des logements sociaux."

Le PS se dit prêt à répartir une partie de la septantaine de logements sur le terrain Petites Cailles, et assure préserve l’entièreté de l’activité maraîchère.

Une prairie ô combien symbolique pour les Verts

Du côté du mayeur, on rappelle que Watermael-Boitsfort est la commune bruxelloise avec le plus haut taux de logement social (18%) et on appelle les autres communes à respecter les engagements régionaux. Pour l’ancien coprésident d’Écolo, "le Champ des Cailles est la manifestation de l’évolution de la vie en ville". "Il faut tenir compte du monde de demain. Le Champ montre la volonté des jeunes d’avoir un contact quotidien avec la nature et la planète."

Les terrains appartenant au Logis Floréal, la Région pourrait donc enclencher le projet de construction sans la bénédiction de la commune. Le PS en tout cas ne semble pas prêt à lâcher le terrain. "Je ne peux accepter le hold-up d’un site qui appartient aux locataires sociaux pour y faire paître quelques moutons", annonce sans détour la secrétaire d’État au Logement, Nawal Ben Hamou (PS) dans un communiqué.


Mais la commune assure n’avoir pas dit son dernier mot et se dit prête à enclencher les procédures de blocage…