Vieux de 30 ans, ce tunnel demande un sérieux ravalement; mais la question se pose quant au déroulement des travaux. Tout le nord-ouest de Bruxelles risque d'être paralysé

BRUXELLES L’un des tunnels emblématiques du paysage bruxellois pourrait bientôt provoquer bien des embarras : le tunnel Léopold II, sous le boulevard du même nom, entre Rogier et Basilique, doit être rénové.

Long de 2 kilomètres, cet ouvrage d’art a été inauguré voici une trentaine d’années et remplaçait, au bonheur des riverains, le viaduc temporaire qui balafra longtemps ce coin de Bruxelles, Molenbeek et Koekelberg.

Le démontage des parois du tunnel a déjà eu lieu mais il faut aussi revoir toute la technique du Léopold II, devenue obsolète (injections de nouveaux produits, pose de câbles à fibre optique, éclairage, éclairage de secours… mais aussi revoir les systèmes de diffusion de messages (FM, GSM, panneaux à messages variables, téléphonie de secours…).

Trois scénarios pourraient arriver sur la table de la Commission de coordination des chantiers de la Région de Bruxelles-Capitale; l’un, impossible à supporter : une fermeture du tunnel 24h/24 avec des délais estimés à près de 15 mois.

Le deuxième consiste en la fermeture les nuits, week-ends et périodes de vacances scolaires; cela aboutirait alors à deux ans de travaux. Pour tout le nord-ouest de Bruxelles, cette solution risque de mettre à mal les institutions culturelles ou le secteur Horeca, victimes de l’absence du lien avec le centre.

Des responsables de la coordination des chantiers verraient plutôt d’un meilleur œil la fermeture en continu par moitié du tunnel, afin de garder l’autre pertuis pour accueillir le flux rentrant en ville le matin et celui en sortant l’après-midi. “Pour des raisons de sécurité, les équipements de ventilation du tunnel abandonné doivent être installés provisoirement dans celui qui reste exploité. En les mettant tous d’un côté, chaque sens de marche aurait ses propres ventilos” , précise un responsable de la commission de coordination.

Vu leur ampleur et leur durée (2 ans), ces travaux ne devraient pas commencer avant l’été 2015, d’après Mobiris et la commission de coordination. “Il ne peut y avoir de travaux concomitants dans les environs en surface; or, il y a déjà ceux prévus par les impétrants généraux, avenue du Port, place Rogier, avenue Josse Goffin et il faut aussi tenir compte de la saturation du Ring et des travaux de mise à quatre voies par la Région flamande.”

C’est donc tout le nord-ouest de Bruxelles qui risque bien de connaître une sacrée paralysie d’ici une bonne année. “L’absence d’infrastructures de transport avec de vastes parkings en entrée de ville est flagrante dans ce coin. Il faudra aussi réfléchir à la mise en œuvre et au coût d’un système de navette de bus par la Stib depuis le parking C du Heysel.”

Question idiote que nous posons quand même : ne serait-il pas aussi temps d’enfin construire le prolongement du métro sous la chaussée de Gand ou vers l’avenue Charles-Quint, histoire d’apporter une alternative valable aux Berchemois, Ganshorenois, Jettois et Laekenois avant de les bloquer chez eux pour deux bonnes années ?

Rappelons que le gros œuvre de l’embranchement sous les voies existantes entre Étangs Noirs, Beekkant et Osseghem est déjà construit et qu’une prolongation peut donc être envisagée… Avec un peu de volonté politique…



© La Dernière Heure 2013