Bruxelles Dans le public, les salaires des infirmières vont de 1 700 € net à un peu plus de 2 000 €, selon le nombre d’heures supplémentaires et la spécialisation.

Le deuxième rassemblement des blouses blanches a eu lieu ce mardi à Bruxelles et en Wallonie. À travers différentes actions, le personnel soignant a, une fois de plus, dénoncé les conditions de travail du milieu hospitalier et celles du métier d’infirmière en particulier. La grogne touche le secteur depuis le début du mois de juin. Le 3 juin, une grève de 24 heures avait été organisée dans les hôpitaux publics bruxellois du réseau Iris.

Le lendemain, la CNE organisait son premier Mardi des blouses blanches en Wallonie et à Bruxelles. Le 5 juin, c’était au tour du syndicat libéral de déposer un préavis de grève pour les hôpitaux privés bruxellois et enfin le Setca fermait la marche, le 6 juin, en déposant lui aussi un préavis de grève pour tous les hôpitaux de la zone Bruxelles-Hal-Vilvorde.

Parmi les revendications , le secteur parle notamment d’une déshumanisation du patient, de la réforme des hôpitaux, de la pénurie de personnel infirmier et… de la réduction des budgets. Parce qu’en plus de leurs journées interminables et foncièrement stressantes, les infirmiers et infirmières touchent, que ce soit dans le privé ou dans le public, des salaires très faibles et peu représentatifs de la charge de travail.

Dans le secteur privé, les barèmes sont fixes, altérés par le degré d’ancienneté et les prestations inconfortables. Un(e) infirmière(er) qui a entre 0 et 5 ans d’expérience gagnera 2 365 € brut, tandis qu’une personne en fin de carrière en gagnera 4 166. Entre 0 et 15 ans d’ancienneté, le barème varie de 1 000 €. Dès que les infirmières font des prestations inconfortables, elles perçoivent également un pourcentage de leur brut selon la pénibilité des horaires : 20 % pour les prestations entre 19 h et 20 h, 26 % pour le samedi, 35 pour la nuit, 50 % pour les services coupés et 56 % pour les dimanches et jours fériés.

Du côté du public, c’est un peu plus flou. "C’est au cas par cas. Notre salaire est régulé par la charte sociale du CPAS dont les hôpitaux publics de Bruxelles dépendent", explique Carine Rosteleur, secrétaire régionale du CGSP. Une infirmière ou un infirmier peut donc, en fonction des heures supplémentaires et de sa spécialisation, gagner entre 1 700 € et 2 000 € net. "Ce qui est sûr, c’est que ce salaire ne répond absolument pas à nos conditions de travail. Nous gagnons environ la même chose qu’un chauffeur de la Stib, pour des horaires compliqués, de nuit et avec des vies pour responsabilité. Nous sommes sous-payés pour sauver des vies et se tuer au travail."