Bruxelles

Les citoyens répètent leur contestation face à l’aménagement de l’avenue du Port

BRUXELLES Ils en ont de la conviction et de l’énergie, les citoyens qui se mobilisent contre le plan actuel de l’aménagement de l’avenue du Port. Abattre les platanes de la rue et redaller les trottoirs, tel est en substance l’essence du projet.

Alors qu’au mois de mars, ces citoyens avaient déjà fait parler d’eux en s’enchaînant aux platanes qui bordent la route, ils se mobilisaient à nouveau ce dimanche. Un seul but : faire entendre leur voix citoyenne.

“La ministre des Travaux publics, Brigitte Grouwels (CD&V), ne veut pas donner suite à nos revendications. Le marché serait soi-disant déjà attribué. Au contraire, elle s’engage plutôt dans le petit jeu du collé-décollé” , explique Zoubida Jellab, vice-présidente du comité de quartier Marie-Christine Reine Stéphanie. “Collé-décollé ”, c’est à dire : les citoyens apposent pour la énième fois des affiches sur les platanes afin de sensibiliser les passants à leur cause. Quelques jours plus tard, des équipes – diligentées par Brigitte Grouwels, selon leurs dires – les enlèvent.

“Plusieurs arbres sont malades, nous seront obligés de les couper afin qu’ils ne contaminent pas les autres” , informe le cabinet de la ministre. Mais certains citoyens sont prêts à user de leur personne afin d’éviter le massacre. “Je monterai dans l’arbre s’il le faut. J’y construirai une cabane ou que sais-je pour empêcher l’abattage” , affirme Philippe.

Afin que chacun se sente personnellement concerné, le comité de quartier a proposé aux participants de parrainer l’un des 300 platanes de l’avenue.

Mais plus que les arbres, les citoyens se soucient du patrimoine du quartier. “Il s’agit de vestige de l’ère industrielle. Nous ne pouvons pas laisser cette avenue se transformer en banale route urbaine. Même si nous sommes tous d’accord pour la réaménager” , ajoute la vice-présidente.

Des habitants de tout âge se sont rassemblés dimanche après midi. Goran, 11 ans, était lui de la partie. “Replanter de nouveaux arbres prendrait un temps colossal” , affirme-t-il. Mais il était aussi là pour la chorégraphie organisée pour l’occasion. Sur l’air Alors on danse , les participants se sont déhanchés. “Une belle manière de joindre l’utile à l’agréable” , souligne Martine.



© La Dernière Heure 2011