Avec les confinements successifs, de nombreux Belges ont succombé à l’envie de s’entourer d’un animal de compagnie. C’est en tout cas ce que constatent bon nombre de refuges qui croulent depuis plusieurs mois sous les demandes de prise en charge et les abandons. Car maintenant que la vie "normale" reprend peu à peu son cours, les propriétaires commencent doucement à se débarrasser de leurs animaux.

Le refuge Veeweyde à Bruxelles en veut pour preuve l’âge des chiens qui leur arrivent régulièrement, qui correspond pile au début du confinement. "Nous avons recueilli ces six derniers mois en notre refuge d’Anderlecht une vingtaine de très jeunes chiens âgés en moyenne entre 8 mois et 1 an et demi et qui ont l’âge du premier confinement survenu en mars 2020", indique Ludivine Nolf, porte-parole du refuge bruxellois.

"On nous dépose un chien par semaine en moyenne, ces derniers faisant donc les frais d’un abandon quelques mois après leur achat en animalerie ou auprès de particuliers. Les effets du premier confinement se font donc cruellement ressentir au refuge, sans compter les demandes d’abandon par téléphone et par mail qui nous parviennent également tous les jours. Et nous sommes dans l’obligation de les décliner par manque de place. " Le refuge a également recueilli depuis le printemps une dizaine de chiots âgés de deux à trois mois à peine.

Habitués à être constamment en présence de leurs maîtres durant le confinement, les chiens se retrouvent à présent davantage seuls à la maison avec le retour de la vie sociale et du télétravail. Ce qui peut entraîner des frustrations et des changements de comportements chez l’animal. "Selon nos observations, ces chiens qui sont, à l’âge d’un an, considérés comme des jeunes adultes, sont abandonnés pour des motifs variés : allergies, changements dans la structure familiale, déménagement, naissance à venir… sans oublier l’un des aspects les plus importants : les difficultés survenues dans le processus d’éducation du chien, constate la porte-parole. Certaines grandes races comme les bergers malinois demandent beaucoup d’attention et ont des besoins importants en termes d’interaction, de promenades et de jeux et si leurs besoins ne sont pas comblés, ils peuvent rapidement manifester des problèmes de comportement."

Attention aux achats compulsifs

Le refuge met donc en garde contre ces achats compulsifs, souvent incités par les animaleries. " Nous recommandons une nouvelle fois de n’adopter un chiot qu’après mûre réflexion et d’y avoir pensé en famille en pesant le pour et le contre. L’adoption d’un animal de compagnie implique de la disponibilité. Il faut faire preuve de beaucoup d’attention et prendre des dispositions pour que tout se passe bien dès son arrivée au sein de la famille.