C'est le résultat d'une enquête Ibsa sur trois dispositifs bruxellois.

L'institut bruxellois de statistique et d'analyse (Isba) vient de publier les résultats de sa dernière étude. Il s'est intéressé au degré d'efficacité des aides bruxelloises à l'emploi. Ces dernières visent à favoriser l'intégration des jeunes demandeurs d'emploi sur le marché du travail. Trois dispositifs ont été passés à la loupe.

Le Stage de transition en entreprise (STE) a pour premier objectif de permettre à des jeunes disposant tout au plus d'un diplôme de l'enseignement secondaire de se familiariser avec le marché de l'emploi. La Formation professionnelle individuelle (FPI) n’a quant à elle pas de condition d’éligibilité en termes de niveau d’études et propose de former les demandeurs d’emploi aux compétences en pénurie sur le marché du travail. Enfin, la Convention premier emploi (CPE) offre un contrat d’emploi presque entièrement subventionné, généralement pour une durée d’un an, voire deux, principalement dans les organismes publics bruxellois. Comme le STE, elle vise les jeunes faiblement et moyennement qualifiés.

Avec cette étude l'Isba cherche à déterminer si ces aides ont accéléré la transition du chômage vers un emploi durable, c'est-à-dire régulier d'une durée ininterrompue de minimum six mois, pour les jeunes demandeurs d'emploi sans expérience professionnelle. Pour être considérée comme efficace, le dispositif doit en moyenne accélérer suffisamment la transition vers l'emploi pour compenser la probabilité plus faible qu'a un jeune de décrocher un emploi.

Selon l'enquête, le STE augmente considérablement la probabilité d’obtenir un emploi durable pour les jeunes ayant tout au plus un diplôme de l’enseignement secondaire inférieur et pour ceux ayant obtenu un diplôme à l’étranger. En revanche, la mesure n’accélère pas, en moyenne, la transition des jeunes qui ont un diplôme de l’enseignement secondaire supérieur. Le STE semble toutefois accélérer la sortie des jeunes moyennement qualifiés qui ont rejoint le dispositif entre leur 6e et 12e mois de stage d’insertion professionnelle.

De son côté, la FPI accélère également la sortie vers l’emploi sauf pour les jeunes titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur. Même si ces jeunes hautement qualifiés trouvent un emploi après la période de participation au dispositif, une majorité d’entre eux auraient trouvé un emploi durable plus rapidement en l’absence de FPI. De plus, ces résultats se confirment quelle que soit la durée d’inoccupation avant la participation au dispositif. En revanche, et bien qu’elle les touche relativement peu, la FPI présente des effets positifs très marqués pour les jeunes ayant un niveau d’études secondaires inférieures.

Pour ce qui est de la CPE, elle n’a globalement pas d’effet positif sur l’accès à un emploi durable. Le fait que l’éligibilité à ce dispositif ne dépende pas de la durée de chômage et qu’il dure un an, voire deux, n’est pas étranger à ce constat. La CPE est néanmoins efficace pour les personnes qui se sont enlisées dans le chômage. Toutefois, ces effets positifs se concentrent immédiatement après la fin du dispositif et ne persistent à plus long terme que pour les jeunes faiblement qualifiés.