Bruxelles Le nombre d’animaux recueillis dans les refuges est en hausse constante depuis plusieurs années, surtout durant les congés.

Un départ en vacances, des raisons financières, un manque d’espace ou le comportement de l’animal. Autant de prétextes qui peuvent pousser des propriétaires d’animaux à les abandonner. Un phénomène qui est toutefois plus récurrent durant les vacances, et ces congés de Noël ne dérogent pas à la règle.

"Sur ce mois de décembre, nous enregistrons 175 chats abandonnés et 135 chiens", explique Pierre Aubert, vétérinaire au sein du refuge Veeweyde situé à Anderlecht. "La taille de l’animal qui grandit peut servir de prétexte à son abandon. L’argument des raisons financières est le plus souvent avancé pour les chiens, tandis que l’argument des allergies est avancé par les propriétaires qui abandonnent les chats."

Du côté de l’ASBL Le Fanal des Animaux, à Schaerbeek, quelque 130 chats ont été recueillis sur l’ensemble de l’année. "On enregistre une augmentation des abandons à cause du fait que les personnes ne sont pas responsables ! Une des raisons invoquées est notamment les déménagements car certains propriétaires n’acceptent pas d’animaux et les maîtres s’en séparent donc", explique une bénévole de l’ASBL.

Le refuge pour animaux Help Animals, à Anderlecht, a accueilli 771 chats et chiens confondus sur l’année 2017, dont 56 animaux uniquement lors du mois de décembre. "Nous avons dû euthanasier 46 chats et 13 chiens au courant de cette année pour des causes de maladie incurable ou de comportement agressif", détaille Fabrizio Follacchio, directeur de l’ASBL.

Même constat du côté du refuge La Croix Bleue, situé dans la commune de Forest, qui enregistre 101 chats abandonnés pour 65 chiens sur l’année 2017. Sur l’ensemble du mois de décembre, le refuge enregistre 8 abandons de chats et 11 de chiens. "Les causes d’abandons sont multiples et variées. On peut citer le déménagement d’un couple ayant un jardin qui va vivre en appartement, un budget trop important que ce soit pour l’achat de la nourriture, les soins de santé comme la stérilisation, trop d’attention à porter à l’animal comme le fait de le promener, ou tout simplement la lassitude", explique Mortimer Van der Meeren, responsable du centre La Croix Bleue de Belgique.

En revanche, il tient toutefois à préciser que les cas d’euthanasie ne sont jamais pratiqués pour libérer de l’espace, comme le pensent certains. "Nous préférons transférer des animaux dans d’autres refuges que d’euthanasier pour ces raisons ! Les seuls cas d’euthanasie sont ceux d’animaux dans des états de santé incurables et où la dernière solution est celle d’abréger les souffrances de l’animal, et le cas d’animaux dangereux qui une fois qu’ils ont mordu sont évalués par notre service médical. S’il en ressort que l’état d’agressivité de l’animal met en danger l’intégrité physique de l’humain, nous ne pouvons pas mettre en danger les équipes ni les adoptants potentiels", conclut Mortimer Van der Meeren.

Hausse de lapins abandonnés

Particularité cette année, on enregistre une hausse du nombre d’abandons de lapins d’année en année. "Le nombre de lapins achetés est en augmentation, cela redevient à la mode car beaucoup de personnes reculent devant l’achat d’un chien ou d’un chat à cause de l’investissement consenti en temps et en argent, tandis qu’un lapin prend moins de place. De plus, les grands magasins comme Tom&Co ne vendent plus de chien ou chat mais bien des lapins. Par après, le propriétaire fait preuve de moins d’attachement envers cet animal, ce qui peut pousser à l’abandonner", explique Pierre Aubert, vétérinaire au refuge Veeweyde, à Anderlecht.

Bianca Debaets (CD&V), Secrétaire d’état bruxelloise en charge du bien-être animal : "Éviter les euthanasies"

"C’est triste de constater qu’il y a tant d’abandons chaque année, surtout en période de vacances alors que ce sont des situations auxquelles on aurait logiquement dû penser au préalable. Heureusement, l’immense majorité des propriétaires d’animaux s’en occupent très bien et on ne peut que s’en réjouir. Mais il faut avant tout éviter des drames comme les centaines d’euthanasies qui doivent être pratiquées chaque année dans les refuges."