L'image est éloquente: la ministre fédérale Karine Lalieux, le secrétaire d'État Mathieu Michel, le Bruxellois Pascal Smet, le Flamand Ben Weyts et le Wallon Frédéric Daerden posent côte-à-côte devant la maquette du futur bâtiment, après un travail laborieux d'entente à tous les niveaux de pouvoir.
"J'enseigne depuis 40 ans au Conservatoire royal de Bruxelles et, il y a 20 ans, nous signalions déjà avec mon collègue néerlandophone du KCB (Koninklijk Conservatorium Brussel, l'institution soeur néerlandophone, NDLR) l'état alarmant du bâtiment. Aujourd'hui, une étape cruciale a été franchie", s'est réjoui Frédéric de Roose, directeur du CRB. Une décrépitude tellement avancée qu'elle a d'ailleurs inspiré à ses étudiants une exposition photo intitulée "CRBeurk", visible jusqu'à jeudi.
 
Outre le délabrement général, les classes et locaux de répétition se font trop étroits pour le bon millier d'étudiants et les 400 enseignants du CRB et du KCB. Une rénovation de fond en comble s'imposait donc pour cet édifice de la fin du 19e siècle, "presque aussi vieux que la Belgique" note M. de Roose, et ses maisons de la rue aux Laines remontant pour certaines au 17e siècle.

Restauration des parties anciennes et nouvelles constructions se mêleront harmonieusement dans une démarche respectueuse du patrimoine architectural et de l'environnement. Le nouveau bâtiment accueillera une salle de musique de chambre, une autre de répétition, des master classes, ainsi qu'une remise à vélos et un espace de stockage souterrains. Six jardins nourriront calme et biodiversité, pour un coût total de 75 millions d'euros financés par les communautés flamande et francophone (20 millions chacune), la Régie des bâtiments (20 aussi) et le maître d'ouvrage public bruxellois Beliris (15 millions).

L'introduction de la demande de permis unique est prévue pour la fin de l'année. Si elle est approuvée, le Conservatoire aura fait peau neuve en 2028.