Encore inexistants il y a cinq ans dans la capitale, 15 à 20 bars à café y ont depuis lors fait leur apparition.

Un endroit où vous pouvez lire et étudier en toute tranquillité, travailler sur votre ordinateur portable dans une ambiance musicale et décontractée, ou juste passer une partie de l’après-midi avec vos proches. Le tout en dégustant un café délicieux et d’excellente qualité. Voilà ce que proposent les bars à cafés qui ouvrent, depuis cinq ans, les uns après les autres dans la capitale.

Au total, au moins une quinzaine de ces établissements d’un genre nouveau ont fait, depuis 2011, leur apparition.

"Ce genre de bars, il y en a depuis longtemps à Londres ou Amsterdam. Avant, quand j’invitais des amis à Bruxelles et qu’on voulait passer un chouette moment à l’extérieur, c’était difficile de trouver. Saint-Géry ? Il y a beaucoup trop de monde. La Grand-Place ? C’est beau, mais c’est vieux", explique Marc, qui a ouvert, en février dernier, le Kaffabar à la place Rouppe, dans le centre-ville. "J’ai quitté, il y a trois ans, mon job dans la finance pour suivre une formation de barista et faire ce que je voulais : ouvrir mon propre commerce avec des chouettes produits", sourit-il.

Dans ces nouveaux établissements branchés de la capitale, la carte et la décoration intérieure ont un point commun: la simplicité. "Ce qui est important dans notre bar, c’est ce que tout soit épuré. La décoration est simple et nous n’avons un grand choix de cafés différents. Ce n’est pas l’objectif. Nous proposons aussi quelques thés et quelques pâtisseries faites maison", explique Jan, 24 ans, qui a ouvert le Mok au bout de la rue Dansaert. Un établissement qui a la particularité de torréfier lui-même le café servi sur place.

À l’instar du Kaffabar, le Mok s’est rapidement constitué une clientèle, ne désemplissant plus depuis son ouverture.

Ce vendredi après midi, Valérie et Laura, 25 et 28 ans, ne cachaient pas leur satisfaction d’y boire leur cappuccino. "On habite dans les environs et le bar est super chouette", sourient ces deux jeunes femmes. "J’aime beaucoup le design", indique, plus loin, Ula, une cliente de 30 ans installée à côté d’une armoire de couleur noire pleine de plantes et de paquets de cafés. Autour d’elle, quelques petites tables en bois sont disposées dans une salle lumineuse aux murs blancs.

Cette vague de bars à cafés, dont la tranche des 20-40 ans constitue la grande majorité de la clientèle, se concentre principalement à Bruxelles-ville, Saint-Gilles et Ixelles. Dans le centre-ville, le Yuka Expresso Bar (boulevard Anspach), My Litte Cup (rue de la Croix de Fer), le Corica (du Marché aux Poulets) ou encore le Cafe Velvet (Quai au Bois à Brûler) sont ainsi quelques-unes de ces nouvelles adresses incontournables pour les amateurs de la capitale.

Installés le long de la première couronne, le Karsmakers coffee house (Ixelles), le Parlor Café (Saint-Gilles) ou l’Or café (Etterbeek) se sont également forgés, en peu de temps, une jolie réputation. "Quand mon fils et moi avons repris en 2011 le magasin de café, nous étions les premiers de Bruxelles. Il y a un vrai phénomène aujourd’hui", constate Marie-Hélène du Corica.


Jonathan Dehas d’Atrium (agence bruxelloise du commerce)

“La culture du café est ancienne”

“Ces bars à café représentent en effet un nouveau phénomène. Cela fait trois ou quatre ans que nous sommes amenés à accompagner l’ouverture de nouveaux bars de ce type. Les Bruxellois sont à la recherche d’un troisième lieu, qui ne serait ni leur domicile, ni leur lieu de travail, pour passer du temps et travailler. Le télétravail favorise également l’émergence de ces nouveaux bars dans lequel on n’a pas peur de s’afficher en pleine journée. Même si Starbucks est apparu à Bruxelles, ses ouvertures de magasin restent limitées. Cela s’explique notamment parce que la culture du café est ancienne en Europe.”


Du café fabriqué à partir d’excréments

Parmi les cafés les plus insolites qu’il est possible de déguster dans la capitale, le Kopi Luwak occupe sans conteste une place de choix. Ce sont les excréments des civettes, des petits animaux également appelés luwaks vivant en Asie du Sud-Est, qui permettent la fabrication de ce café. Ces sortes de fouines se nourrissent principalement de pulpe de cerises de café mûres, dont elles ne digèrent pas les grains. Déféqués, ceux-ci sont alors aromatisés aux enzymes digestifs, ce qui donne un goût oscillant entre le cacao et la noisette. Parmi les adresses proposant le Kopi Luwak, se trouve le Corica, situé au 49 de la rue du Marché aux Poulets. “Beaucoup de gens viennent chez nous pour découvrir ce café, dont les grains sont cueillis à la main par des femmes dans des volcans”, explique Marie-Hélène, la patronne de 61 ans.