Les Bruxellois rencontrés se disent indignés par la frénésie qui règne dans les supermarchés.

L'annonce du lockdown a suscité une vague de choc auprès de la population bruxelloise. Les personnes rencontrées ne s'attendaient pas à des mesures aussi drastiques, notamment au niveau de l'horeca. Certains saluent le courage des mesures prises, tandis que d'autres les estiment disproportionnées.

Ricci, 65 ans : "La vie va reprendre son cours dans quelques semaines"

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"Je comprends les mesures qui ont été prises et je préfère que tout soit fermé pour éviter au mieux la propagation du virus. C'est une période très difficile qui s'annonce et il va falloir l'accepter. Cela ne va durer que quelques semaines et puis la vie va reprendre son cours. Les mesures prises me rassurent d'autant que je suis Italienne, de la région de Naples, et j'ai beaucoup de famille là-bas. La situation y est dramatique et je suis très inquiète. Mais en règle générale, les gens sont compréhensifs. Il faut écouter le gouvernement ! Cette situation est personnellement éprouvante d'autant que ma soeur est placée en maison de repos à Etterbeek et je ne peux plus aller la voir alors qu'elle vient de perdre son mari."

Kristin (Allemagne) et Juan-Carlos (Mexique) : "On vient de se faire un dernier resto"

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"On vient d'aller manger au restaurant car après, ce sera fini pour plusieurs semaines. Quand on voit comment la situation a dramatiquement évolué en Italie, des mesures similaires devaient être prises, c'est une question de santé publique. Par contre, on ne comprend pas la frénésie dans les supermarchés ! Les stocks sont quotidiennement réapprovisionnés et il n'y a donc aucune raison de céder à la panique !"

Sébastien, Maxence et Noé : "Le fait de se ruer dans les rayons est contre-productif"

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"C'est assez disproportionné dans le sens où ces mesures ont été annoncées du jour au lendemain, et cela pose des soucis pour nous qui sommes étudiants", explique Maxence. "Maintenant, c'est bien aussi de prendre des mesures fortes pour éviter la propagation au plus vite plutôt que des mesurettes", embraient Sébastien et Noé.

Les trois amis se disent surtout choqués par l'hystérie des gens dans les supermarchés. "C'est abusé ! Les gens ont peur et surréagissent. C'est en agissant de la sorte qu'on créé une pénurie. Si tu te comportes normalement avec tes achats, les supermarchés vont rester plein et il n'y aura aucun soucis. Les gens ont peur de manquer d'alimentation mais le fait de se ruer dans les rayons est contreproductif".

Anna, étudiante de 22 ans : "Une fin de cursus bizarre"

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"Je comprends les mesures prises pour limiter la propagation mais il règne un drôle de climat aujourd'hui. On sent que les gens sont stressés. Me concernant, la situation est très confuse au niveau de mes études. J'ai appris ce matin que tous mes cours pratiques sont annulés pour le restant de l'année. C'est une fin de cursus bizarre. Des cours en ligne vont être organisés d'ici quelques semaines et on se demande si nos examens vont être maintenus ou non, et sous quelle forme. Au niveau des supermarchés, la situation me dépasse. Je reviens du Colruyt d'Auderghem où il y avait une cohue sans nom. Plus de papier toilette, plus de sauce tomate, plus de pâtes. Les gens étaient agressifs, j'ai vite fait marche arrière."