Ce soir, Laurent Hacken interpellera la majorité sur le déclin des zones commerçantes.

Magasin de chaussures, enseignes de vêtements et d’alimentation : ils sont une dizaine à afficher porte close sur la rue Vanpé et la chaussée de Neerstalle. Ces artères forestoises constituent pourtant le cœur de la commune, à quelques pas de Forest National, de l’abbaye Saint-Denis et de la maison communale. "Ça fait cinq ans que les commerces ferment les uns après les autres et la commune ne fait rien. Elle n’a aucun plan pour revitaliser le quartier", déplore Laurent Hacken (CDH). Ce soir, le conseiller communal interpellera le collège, espérant faire bouger les choses. "C’est l’un des enjeux de la législature. Ça va faire un an que la majorité est installée, il est temps qu’elle fasse quelque chose car on frôle selon moi le point de rupture où tout le monde va partir."

De nombreux riverains privilégient en effet les communes voisines pour faire leurs emplettes. "Certains vont dans le centre d’Uccle, qui est juste à côté, d’autres préfèrent Saint-Gilles." Peu optimiste, le gérant d’une pizzeria pointe le manque d’attractivité du quartier. "Le stationnement est problématique. Et puis il n’y a pas d’animations. Pas de jeux pour les enfants, alors les parents préfèrent aller ailleurs."

Face à cette situation, la gérante d’une enseigne de vêtements a décidé de mettre la clé sous la porte. Présente depuis plus de six ans, elle a vu son chiffre d’affaires diminué par trois. "C’est catastrophique. On subit la fermeture des commerces qui étaient là depuis trente ou quarante ans et qui ramenaient de la clientèle. Aujourd’hui, on ne se déplace plus pour nous, explique-t-elle. Je mets beaucoup d’énergie dans ma boutique mais si les clients ne viennent pas, ça ne sert à rien. On sent bien que les autorités communales se fichent de nous, petits commerçants."

Au conseil communal, Laurent Hacken demandera ainsi à la majorité d’établir un schéma commercial pour déterminer quels sont les besoins du quartier et quelles politiques mener à l’avenir. "Il faut établir des incitants fiscaux pour les propriétaires, comme des primes à l’installation pour donner envie aux commerçants de revenir. Mais il faudrait aussi mener une politique de désincitants, par exemple, une taxe sur les coiffeurs ou les snacks parce qu’il y en a énormément dans le quartier et qu’il faut diversifier l’offre."

Un manager commerce pour redresser la barre

De son côté, la majorité affirme être consciente du problème. "On partage le constat de déclin de nos zones commerçantes malgré nos efforts pour aider les commerçants", indique Charles Spapens (PS). L’échevin du Commerce et du Développement économique précise qu’un "manager commerce" a été engagé par la commune pour aider les commerçants et qu’une convention a été signée avec hub.brussels. "Le réaménagement de l’espace public autour de l’abbaye permettra de rendre la zone plus agréable pour les riverains. C’est un élément important pour leur donner envie de revenir. Et puis, il faudra qu’on contacte les propriétaires qui louent leurs biens trop cher par rapport à la demande du quartier."