Est-ce que les voitures bruxelloises sont polluantes ? C'est la question sur laquelle va se pencher Bruxelles Environnement. En partenariat avec l’ICCT (International Council for Clean Transportation) et True (The Real World Urban Emissions), le service régional, mène une grande campagne inédite de mesures des polluants des véhicules.

Cette campagne a une particularité : Les mesures se font en rue, dans la circulation, soit en conditions réelles. Financée par les Fondations FIA et Bloomberg Philanthropies, la campagne permettra d’avoir une vue claire des polluants émis par les véhicules mais aussi des nuisances sonores qu’ils engendrent.

Concrètement, les émissions sont mesurées par des caméras en conditions réelles par Opus RSE (Remote Sensing Europe), une entreprise leader en Europe dans le domaine de la technologie de la télédétection. L’avantage de cette technologie est qu’elle permet de mesurer les émissions de tous les véhicules à moteur sans interrompre le trafic, et ce à différents endroits de la Région. "Les véhicules, dont les émissions sont mesurées, sont flashés à l’aide d’une caméra qui reconnait les plaques minéralogiques, explique Louise Duprez, experte mobilité durable chez Bruxelles Environnement. Nous pourrons ainsi croiser les caractéristiques techniques du véhicule, transmises par le SPF Mobilité et Transport, et les émissions mesurées. Bruxelles Environnement complète également l’analyse en plaçant un micro afin d’obtenir des mesures liées au bruit de ces véhicules. Nous espérons obtenir plus de 150.000 mesures d’ici 2 mois. L’objectif est d’avoir une meilleure connaissance des émissions directes, en situation réelle, des véhicules qui circulent à Bruxelles, ainsi que de leur impact en termes de bruit." En effet, Bruxelles Environnement souhaite enrichir les mesures de polluants avec des mesures du bruit des véhicules.

Cette nouvelle manière de tester en conditions réelles à été motivée par l'affaire du diesel gate. Pour mémoire, l’affaire du dieselgate, qui concerne Volkswagen,a montré que la pollution émise lors de la conduite diffère trop souvent des résultats obtenus lors des tests effectués en laboratoire ou lors d’homologations. A cela s’ajoute la problématique de la fraude au filtre à particules.

Une dizaine d’endroits différents ont été définis en Région bruxelloise pour effectuer les mesures: rue de la Loi, avenue de Tervuren à Woluwe-Saint-Pierre ou encore avenue de l’Industrie à Anderlecht. Les endroits varient de jour en jour.

Les appareils permettent de mesurer différents polluants comme le dioxyde de carbone (CO2), le monoxyde de carbone (CO), les hydrocarbures (HC), les particules (PM), le monoxyde d’azote (NO), le dioxyde d'azote (NO2) et l’ammoniac (NH3).

Les informations recueillies sont anonymes et des panneaux informent les automobilistes aux différents endroits de mesures. D'autres mesures de ce type ont eu lieu dans d'autres capitales europénnes. La particularité de Bruxelles est la présence d'un grand nombre de véhicules récents y compris les derniers véhicules diesel Euro 6d, dont les émissions réelles ont encore été très peu mesurées

La mesure « remote sensing » sera complétée pour la première fois par des mesures du nombre de particules à la sortie des pots d’échappement, grâce à un nouvel appareil précis qui permet de détecter la fraude au filtre à particules. Cette campagne novatrice a pour objectif de mesurer la qualité de l' air à Bruxelles. Les résultats de cette campagne de mesures sont attendus pour le deuxième trimestre de l’année prochaine. Ils aideront à définir des actions concrètes pour lutter contre la pollution de l’air et le bruit provenant du trafic routier, notamment pour mettre en œuvre la sortie des moteurs thermiques et mieux détecter les fraudes au filtre à particules.

"La pollution de l’air est à l’origine de 9.380 décès prématurés par an dans notre pays et a un impact sanitaire significatif sur les plus vulnérables, comme nos enfants et nos ainés, précise Alain Maron, ministre bruxellois de l’Environnement, du Climat et de la Santé. Il est important de prendre rapidement des mesures afin de rendre notre ville plus verte et plus durable. Cette campagne de mesures innovante est importante : en étudiant les émissions réelles de plus de 150.000 véhicules circulant sur nos routes, nous voulons mieux comprendre l’origine d’une partie de la pollution que respirent les Bruxellois, afin de mieux faire respecter notre Zone de Basses Emissions et de permettre une sortie progressive des véhicules thermiques en Région bruxelloise."