Le café de la Rue est une institution bruxelloise. Situé à Molenbeek, rue de la Colonne, il existe depuis les années trente et a gardé toute son authenticité. En 1976, Marie-Noëlle Doutreluingne et son mari Guido Vanderulst, fraîchement mariés, rachètent la maison et le café avec une idée en tête. "Molenbeek était un quartier de misère. On voulait refaire le monde. On voulait faire du café un lieu de rencontre sociale."

Jusqu’en 2008, le café, nommé d’après l’ASBL La Rue, a été mis à disposition des enfants du quartier et de bénévoles. Cette ASBL est un mouvement d’éducation permanent et de développement de quartiers. Elle travaille à les redynamiser en impliquant habitants et entreprises, en aménageant des espaces publics, ou en organisant des fêtes de quartier, des animations pour les enfants…

"C’est aussi là que s’est fondé Ecolo Molenbeek ! Ou encore l’ASBL La fonderie [pour redynamiser le secteur industriel]", se rappelle Marie-Noëlle.

Depuis 1980, elle commence à organiser des concerts et des dîners spectacles. "Une fois par mois, depuis bientôt 42 ans, j’organise des concerts." Depuis janvier 2009, le Café de La Rue s’est constitué en ASBL autonome, afin de développer plus amplement l’aspect culturel de ses activités. En 2020, il est classé par la Région bruxelloise comme patrimoine.

2011 : le début des problèmes

"Les voisins d’à côté ont démoli leur maison et reconstruit ensuite. Mais cette reconstruction a été mal faite, car on a commencé à avoir des fissures". Après une bataille juridique, elle et son mari, décédé il y a deux ans, reçoivent 14 000 euros pour réparer les dégâts. Ce n’était pas suffisant et le café est resté comme ça quelques années.

En 2020, le quartier se plaint de pannes d’électricité. Un spécialiste finit par trouver la source : un tuyau devant la maison était écrasé. Pire, un expert en stabilité les empêche d’ouvrir le trottoir pour réparer car il y a un risque d’effondrement de la façade.

"Depuis cet été, la façade est stabilisée avec du matériel qui a coûté 11 000 euros plus les 147 euros de location par mois. Pour tout reconstruire il faut 54 000 euros, c’est énorme… On ne peut même plus entrer dans la maison, c’est affreux !" explique Marie-Noëlle, dépitée. "Même l’eau entre dans le bâtiment. Il faut régler ça maintenant, c’est urgent !"

Ce mercredi, Marie-Noëlle a lancé un appel aux dons via une cagnotte en ligne. "Je précise bien que c’est pour sauver le café, institution où nous travaillons comme bénévoles." Sans cette cagnotte, impossible de supporter les coûts de rénovation et de reconstruction du bâtiment. Elle ne souhaite pas en rester là avec les malfaçons du voisinage, mais selon elle, une bataille juridique prendrait trop de temps. Du temps, la façade n’en a pas.