Bruxelles En 2018, la commune d’Ixelles a payé 16 000 euros pour l’enlèvement de graffitis à hauteur d’homme.

Quiconque se promène dans les rues de Bruxelles ne pourra s’empêcher de les remarquer. Sur les volets, sur les murs ou sur les bancs, les graffitis sauvages sont innombrables dans la capitale. Et si le débat persiste entre art de rue et incivilité, les communes semblent tout de même considérer les tags comme un phénomène qu’il est nécessaire d’endiguer. Pour ce faire, certaines déploient d’importants budgets qui sont consacrés tant à la répression et à l’enlèvement de ces graffitis qu’au développement de campagnes de prévention et de projets de fresques. C’est le cas par exemple d’Ixelles.

C’est probablement la commune la plus touchée par la problématique des graffitis sauvages en région bruxelloise. En 2018, le service ixellois a procédé à l’enlèvement de 1 800 tags sur son territoire, pour un budget total de 16 000 euros. Pour contrer ce phénomène, le service Propreté de la commune met donc les bouchées doubles depuis plusieurs mois. "Notre équipe graffiti comprend neuf opérateurs et deux responsables travaillant à temps plein. La flotte du service comprend trois nettoyeurs à haute pression et deux sableuses. En 2019, nous aurons un nouveau camion équipé d’un nettoyage à haute pression et d’une sableuse", explique Stéphanie Gosek, cheffe de service de la Propreté publique.

En outre, l’ancienne échevine de la Propreté Viviane Teitelbaum (MR) avait lancé en fin de législature un projet de redynamisation en remettant des fresques à disposition de jeunes et de "street-artistes". Une initiative que la nouvelle majorité Ecolo-PS entend bien faire perdurer. "C’est un vrai challenge à Ixelles. Nous voulons embellir la commune et diminuer le sentiment d’insécurité dans certains quartiers, exacerbé par les tags", explique Nabil Messaoudi (PS), nouvel échevin de la Propreté publique, qui rappelle que l’enlèvement des tags est entièrement offert par la commune aux propriétaires privés et aux commerçants. Au mois de mai, la commune mesurera l’impact de cette première campagne, pour en lancer éventuellement une seconde.

Du côté de la Ville de Bruxelles, on constate le même fléau. Sur l’ensemble de l’année 2018, les équipes de la cellule antigraffitis ont procédé à l’enlèvement d’un total de 9 324 graffitis. "Je peux comprendre que certains trouvent ça beau, mais le problème est tel qu’il nuit à l’image de certains quartiers, explique l’échevine de la Propreté publique Zoubida Jellab (Ecolo). Le bas des Marolles est fortement touché, et ça donne un réel sentiment d’insécurité. Pour nous, salir ou taguer reviennent au même, c’est une incivilité qu’il faut contrer. Quand on voit que certaines fresques de la ville sont également touchées, c’est vraiment dommage." Pour redorer l’image de certaines zones, la Ville a mis en place l’opération Michel-Ange, un partenariat original avec les commerçants, dans trois quartiers du centre-ville pour organiser l’effacement des tags sur leurs devantures : à Sainte-Catherine, dans les Marolles et dans la zone Unesco. En échange de la mise à disposition de la peinture par les commerçants, trois peintres employés par la Ville passent tous les jours dans chaque zone et repeignent systématiquement les façades ou les volets qui ont été tagués. La commune propose également le service gratuit d’enlèvement des tags pour les propriétaires et les commerçants.

À Schaerbeek , par contre, si le même service est offert, il est très peu sollicité. En effet, la commune attaque le problème par un tout autre côté. "La problématique des graffitis est moins importante à Schaerbeek, car on essaye d’éviter au maximum les immeubles abandonnés, lieux fortement sollicités pour ce genre d’activités", explique Isabelle Vanhay, cheffe de cabinet de Déborah Lorenzino (Défi), échevine de la Propreté. "On est aussi très strictes en matière d’affichage sauvage, phénomène qui incite souvent au tag ensuite."

Et sur le site de la commune, dans l’onglet "Tags et graffitis", on peut lire : "Les graffitis détériorent l’environnement, occasionnent des coûts élevés de nettoyage, augmentent le sentiment d’insécurité de la population et nuisent à l’image de la cité."