On y travaille, on y passe. Rarement on y flâne. Le quartier européen de Bruxelles est en quelque sorte une "bubble" urbanistique où règnent congestion et building impersonnels. Ce jeudi, la Région, en les personnes de Rudi Vervoort (PS) et Pascal Smet (Vooruit), et la Ville de Bruxelles, représentée par l’échevine Ans Persoons (Vooruit), ont annoncé leurs ambitions quant au futur du quartier européen. Une "vision" sur 10-20 ans qui ne passe pas par un "PAD" (Plan d’Aménagement Directeur), mais par une série de balises urbanistiques, neuf principes généraux qui serviront de grille d’approbation aux administrations.

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Des rez-de-chaussée avec des commerces

"On veut retisser des liens entre les quartiers avoisinants. Le maître mot est mixité", promet le ministre-président. L’exécutif assure vouloir stopper la densification du bâti. "Les grandes tours, c’est fini", assène sans ambages le secrétaire d’État en charge de l’Urbanisme. Une déclaration somme toute suprenante du socialiste qui indiquait en 2019 vouloir “densifier en hauteur”. Dans le quartier européen, des "exceptions" demeureront possibles sous certaines conditions…

Fini également les immeubles "monofonctionnels". Les nouvelles constructions devront "activer leur socle". Comprenez : intégrer un commerce, service, une salle de gym, espace public… au rez-de-chaussée.

Également Parmi les principes édictés par les autorités en vue d’obtenir un permis : faire de la démolition l’"exception" et encourager la rénovation ("démolir sans raison est une bêtise totale", selon Smet).

Outre les immeubles, le grand enjeu demeure l'attractivité des espaces. Le quartier Léopold (entre la rue du Luxembourg et la rue Joseph II) dispose de 24.000 places souterraines ce qui, selon la Ville, est suffisant et permet de supprimer du parking en surface et libérer de l’espace.

Quant au projet de passerelle entre la place du Luxembourg et la place Schuman, le projet est à l’étude et la Région appelle Beliris en renfort.

"Il ne faut pas que cela demeure des vœux pieux"

Egalement parmi les objectifs, développer une offre de logement dans le quartier. Une ambition applaudie par l’Association du Quartier Léopold… avec toutefois un avertissement. "Il ne faut pas que cela demeure des vœux pieux", alerte Marco Schmitt, qui a vécu des années dans le quartier et a déjà entendu bon nombre d’ambitions louables quant à l’avenir du quartier européen. On se souvient notamment du projet de l’architecte Portzamparc, qui appartient visiblement désormais aux archives.

"Je suis très enthousiaste par rapport au projet, et c’est la première fois que nous sommes autant consultés. Mais il faut voir comment cette vision sera traduite en réalité", indique le riverain. "Il faut des logements, et des logements abordables. On a vu avec le covid : du jour au lendemain, le quartier s’est vidé. Sans mixité sociale, le quartier va mourir."