Bruxelles

Les administrateurs de l'ASBL affirment que le bureau s'est réuni 10 fois par mois pour justifier les 59.920 € de jetons de présence en 2016.

Mis sur le gril par le député Ecolo Alain Maron qui dénonce depuis des années la gestion opaque de l'ASBL Samusocial, le président de l'institution Michel Degueldre et l'administratice-déléguée Pascale Peraita (PS), également présidente du CPAS de la Ville de Bruxelles, se sont finalement expliqués concernant les questions de transparence des rémunérations des administrateurs de cette ASBL, principal interlocuteur en Région bruxelloise dans la lutte contre le sans-abrisme.

Le duo Degueldre-Peraita s'est donc expliqué sur les 60.000 € de jetons de présence octroyés en 2016 aux administrateurs et aux membres du bureau (qu'a quitté Yvan Mayeur, bourgmestre PS de la Ville de Bruxelles en janvier dernier). "Pour les membres du bureau, nous avons décidé début 2016 de plafonner le nombre de bureaux à 10 par mois, soit 10 jetons de présence par membre. Cela équivaut à 1.400 euros brut par mois, au maximum, par membre. Si vous multipliez cela par 10 mois et quatre membres du bureau, on arrive à 56.000 euros. Avec les jetons du conseil d'administration qui s'est réuni trois fois en 2016, on arrive aux 60.000 €", a expliqué Michel Degueldre à nos confrères du "Soir".

"Si l'explication est si simple, pourquoi ne pas l'avoir donnée plus tôt ?", s'étonne de son côté Alain Maron, qui estime que l'hypothèse selon laquelle le bureau se réunit effectivement 10 fois par mois pour justifier ce montant est peu crédible. "Est-ce vraiment crédible lorsqu'on nous annonce qu'il y a 10 réunions par mois ? Cela fait 2 ou 3 réunions par semaine, alors qu'en plus, l'ASBL emploie 40 universitaires en temps plein pour ses missions quotidiennes ainsi que trois directeurs ? Il est dans ce contexte difficilement concevable de réunir le bureau de manière aussi régulière", ajoute Alain Maron qui plaide pour que le Samusocial mute en ASBL de droit public afin qu'elle soit soumise à un contrôle légal plus contraignant.

En outre, le duo Degueldre-Peraita balaie d'un revers de la main les soupçons de manque de transparence. "Il n'y a pas de manque de transparence ! Ici, il n'y a pas un balle d'argent public qui va dans la poche des gens. Tout vient des dons. C'est clair et net", a commenté Michel Degueldre. 

Ces explications interviennent un jour après que la ministre en charge de l'Aide aux personnes Céline Fremault (CDH) (qui gère cette compétence conjointement avec le ministre SPA Pascal Smet) a reconnu avoir été surprise par l'importance des montants. "Il n'existe aucun autre exemple d'organisation active dans le domaine de la grande précarité ou du social qui prévoit des rétributions aussi importantes pour ses administrateurs", avait-elle répondu ce mercredi au parlement en réponse à une question du député Alain Maron.

Pour rappel, les membres du conseil d'administration de cette ASBL de droit privé mise sur pied par le CPAS de la Ville de Bruxelles et qui brasse des millions d'euros reçus par la Région bruxelloise, ont toujours refusé jusqu'alors de détailler aux députés et journalistes les émoluments attribués aux sept membres du conseil d'administration, invoquant la liberté associative propre à une ASBL de droit privé.