C’est la saison des heureux évènements, à Bruxelles. La semaine dernière, à Uccle, un premier couple de faucons pèlerins a vu éclore quatre œufs, tandis qu’au sommet de la cathédrale des Saints Michel et Gudule, Une première éclosion a eu lieu ce lundi aux environs de 16 heures, et donc avec un peu de retard, pour une incubation d’ordinaire ponctuelle. Le petit frère ou la petite sœur devrait arriver incessamment. Les curieux peuvent les observer 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 sur le site web “Faucons pour tous”.

“Je ne sais pas si l’on peut attribuer ça à la météo du début du mois d’avril, où il a fait gelant”, explique l’ornithologue Didier Van Geluwe, qui observe les faucons depuis 1994. “À Uccle aussi, à l’église Saint-Job, ils ont du retard. On observe là des oiseaux 100 % sauvages”, sur lesquels il n’y a pas d’intervention humaine, c’est la nature qui est donc à l’œuvre et qui détermine le bon moment.

Bruxelles, écosystème favorable au pèlerin

Les œufs ont donc éclos, bien que l’expert n’avait pas exclu le contraire. “Ce ne serait pas un danger pour l’espèce, ce qu’on observe, ce sont les tendances”. Et à ce niveau-là, les faucons pèlerins bruxellois font bonne figure. On recense une bonne douzaine de couples à Bruxelles, entre 200 et 250 en Belgique. “C’est bien, mais ça reste fragile. D’où l’importance d’un monitoring”, poursuite Van Geluwe.

En 2004, les majestueux rapaces reviennent à Bruxelles après trente ans d’absence et nichent exactement là où leurs ascendants s’étaient installés. Depuis, “tout va très bien”. “Les pesticides ne contaminent plus la chaîne alimentaire, et la directive européenne de 1979 sur la conservation des oiseaux sauvages fonctionne.” A Bruxelles, même les moineaux commencent à revenir.

Mais la ville attire les rapaces pour d’autres raisons également : “la nuit, il y a un dôme lumineux dans le ciel bruxellois, j’ai déjà observé le faucon chasser des oiseaux migrateurs à trois heures du matin”, raconte l’ornithologue.

Sans ses deux grandes sources de danger, le hibou grand-duc et le braconnage, le faucon pèlerin est donc dans un environnement idéal à Bruxelles. Et quand bien même il disparaissait de nos clochers, Didier Van Geluwe affirme que ce ne serait pas un problème majeur pour l’écosystème bruxellois. En fin de compte, chez ce faucon qui passionne les Bruxellois depuis l’instauration de “Faucon pour tous”, c’est son rôle d’ambassadeur de la nature, la meilleure de toutes les campagnes de sensibilisation, qui nous rappelle chaque jour la beauté d’un environnement à respecter et soigner.