Les panneaux digitaux installés sur le territoire de la Ville de Bruxelles n’ont pas de permis d’urbanisme.

Ils fleurissent aux quatre coins du territoire de la Ville de Bruxelles depuis quelques semaines déjà. Impossible d’y échapper tant leur pouvoir d’attraction frappe piétons et automobilistes. Ils, ce sont les nouveaux panneaux publicitaires diffusant des messages animés, vidéos, etc.

Éclairés par des lumières de type led, ces panneaux dynamiques ont déjà fait l’objet d’une polémique de part leur caractère particulièrement attractif et, donc, distrayants pour les automobilistes. Sur ce point, la secrétaire d’État bruxelloise en charge du dossier Bianca Debaets a promis de mener une étude. Qui suit son cours, nous confie-t-on au cabinet de la ministre.

Ces panneaux 2.0 posent aujourd’hui un autre problème : ils ont été installés en toute illégalité ! Plusieurs sources nous confirment que ces panneaux publicitaires digitaux ont été installés sans aucune demande de permis d’urbanisme (effectuée auprès de la Ville de Bruxelles) ni permis de voirie (auprès de la Région ou de la Ville selon que le panneau se situe sur une voirie régionale ou communale).

"Ces panneaux sont tout à fait en infraction", nous confie-t-on à l’administration de la Ville de Bruxelles. "Ils n’ont pas de permis d’urbanisme." Au cabinet de Bianca Debaets (CD&V), on s’est également étonné, à l’époque, de voir pousser ces panneaux aussi rapidement sans qu’aucun dossier n’ait été entré aux services urbanistiques régionaux. "A priori, il n’y a pas eu de demande de permis d’urbanisme. L’entreprise a manifestement agi dans l’illégalité", affirme-t-on au secrétariat bruxellois en charge de la Sécurité routière, tout en renvoyant la balle chez le ministre compétent Pascal Smet (SP.A).

Entre-temps, Clear Channel a déposé ses demandes de permis d’urbanisme, en quatre paquets distincts. Mais les décisions des pouvoirs publics ne devraient pas tomber avant la fin du mois d’octobre. "Raison pour laquelle ces panneaux ne diffusent aucune publicité commerciale", commente un fonctionnaire bruxellois. "On n’y voit que des pubs pour l’Atomium, la Ville de Bruxelles ou la Région. Tant que Clear Channel n’a pas les permis, elle ne prend par le risque d’exploiter ses panneaux."

Contacté par nos soins, le principal concurrent de Clear Channel - la société française JCDecaux - envisage des actions en justice contre la Ville de Bruxelles et la Région bruxelloise (lire ci-dessous, NDLR). Au total, une centaine de panneaux digitaux seront installés sur le territoire de la Ville de Bruxelles. Clear Channel verse, chaque année, environ 2 millions d’euros à la Ville pour leur exploitation.

Jérôme Blanchevoye, directeur général adjoint de JCDecaux: "Nous demandons le démontage du mobilier"

"Nous allons demander à la Région d’exiger le démontage du mobilier concerné par l’absence de permis d’urbanisme. Nous envisageons également très sérieusement d’attaquer devant le tribunal de commerce car Clear Channel n’a pas respecté le marché initial. Le mobilier installé ne correspond pas à ce qui a été présenté lors de l’appel d’offres. Les écrans digitaux sont, entre autres problèmes, 20 % plus grands qu’annoncés. En deux mots, Clear Channel exécute un marché qui n’existe pas !"