Deux avocats de la partie civile ont plaidé, vendredi, devant la cour d'appel de Bruxelles, des dommages et intérêts à hauteur de 5.000 euros et des indemnités de procédure élevées à l'encontre d'agents pénitentiaires de la prison de Forest, prévenus pour traitements inhumains. Ces derniers contestent les faits et estiment avoir respecté les procédures lors d'intervention pour des placements de détenus en cellule d'isolement. Quatorze gardiens comparaissent devant la cour pour répondre de faits de violence physique et morale grave, commise à l'encontre de détenus fragilisés et isolés, entre 2014 et 2015. 

Les faits ont été commis dans l'aile D de la prison de Forest, et dans l'annexe psychiatrique. La situation dans cette prison était alors extrêmement problématique, en raison d'une surpopulation carcérale, d'un manque de personnel et d'une infrastructure vétuste. Il est question d'expéditions punitives qui étaient menées le soir, particulièrement auprès de détenus fragiles et isolés. Plusieurs agents auraient considéré comme un jeu le fait d'insulter, d'humilier ou de provoquer des détenus, pour que ceux-ci se montrent agressifs, amenant les gardiens à les emmener au "cachot", la cellule d'isolement. Des gardiens auraient notamment coupé régulièrement l'électricité ou fermé l'eau des douches pendant que les détenus étaient dessous.

En première instance, en mars 2019, le tribunal correctionnel de Bruxelles avait établi la plupart des faits dénoncés et avait prononcé des peines entre deux et 20 mois de prison avec sursis à l'encontre de quatorze agents. Ces derniers ont fait appel, tout comme le parquet. Ils contestent avoir abusé de leur autorité auprès de détenus pour s'en prendre à eux par plaisir. Certains ont aussi déploré avoir été qualifiés de racistes par des témoins.