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Les écoles d’Etterbeek veulent lutter contre les disparités scolaires dès la maternelle

ENSEIGNEMENT Le langage est l’un des principaux facteurs de réussite scolaire. Pourtant, les inégalités dans ce domaine sont plus qu’alarmantes !

Le professeur Pourtois, spécialiste en psychopédagogie de l’Université de Mons, dénonce ces disparités plus particulièrement dans le cycle maternel. “La situation est critique : à six ans, certains élèves connaissent 2.500 mots et d’autres, seulement 800 !”

Alors, face aussi à la souffrance d’enfants qui n’arrivent plus à suivre à l’école, un projet d’éducation collective entre l’école et les parents a été créé.

Après une expérience réussie dans plusieurs écoles de Charleroi, Etterbeek, commune à très forte densité scolaire, a été la première à participer à l’expérience. Polo le lapin , ambassadeur du projet, est le nouveau compagnon de jeu préféré des enfants, notamment à l’école communale La Farandole .

M arie-Émilie, institutrice maternelle, fait apprendre aux enfants trois mots par jour via la nouvelle mascotte. Et les enfants en redemandent. Chaque week-end, un élève reprendra la mascotte chez lui et racontera à son retour ses activités. “Je dois faire attention qu’ils aient chacun l’occasion de reprendre Polo , sinon, ils risquent vraiment de râler !”

Ce qui est sûr, c’est que le projet enthousiasme tous les acteurs du terrain. Et les parents sont vraiment mis à contribution. “Les enfants ramènent des petits jeux créés par les enseignants chez eux, et font participer leurs parents. De même, des objets et histoires familiales sont amenées à l’école”, explique Frédéric Hardy, responsable de la mise en œuvre du projet à Etterbeek. L’échange est le maître mot.

La frontière entre la famille et l’école se rétrécit pour une meilleure coopération et le renforcement de l’apprentissage des bambins. Qui sait, ce sont peut-être bientôt toutes les écoles de la Région bruxelloise qui connaîtront un jour P olo le lapin.



© La Dernière Heure 2010