Bruxelles Dans son rapport 2015, l’intercommunale Brulabo fait état d’une amélioration considérable de la qualité de l’eau dans l’ensemble des bassins communaux.

La qualité des eaux des piscines communales en Région bruxelloise était-elle satisfaisante en 2015 ? Selon Brulabo, qui effectue le contrôle mensuel des piscines de la capitale, la réponse est oui. L’intercommunale active dans le domaine de l’alimentaire et de l’eau évoque même une "amélioration spectaculaire" de la qualité de l’eau dans les bassins communaux. Explications.

Depuis 2002, le contrôle des piscines est imposé par un arrêté du gouvernement bruxellois. Ce texte impose une batterie de tests : qualité microbiologique et qualité chimique de l’eau, qualité de l’air, qualité de l’eau dans les pédiluves et présence éventuelle de la bactérie legionella dans l’eau des douches.

Les résultats de ces tests en 2015 concernent uniquement les 13 piscines communales ouvertes tout au long de l’année : le Poséidon (Woluwe St-Lambert), le Neptunium (Schaerbeek), le Sportcity (Woluwe-St-Pierre), les Bains de Bruxelles, l’Espadon (Etterbeek), le Calypso (Watermael-Boitsfort), la piscine d’Ixelles, le Nereus (Ganshoren), Longchamp (Uccle), Victor Boin (St-Gilles), Triton (Evere), le Ceria (Anderlecht) et la piscine de Neder-over-Heembeek. Rouvertes très récemment, les piscines de Laeken et de Molenbeek ne sont donc pas concernées.

Au total, 156 échantillons ont été prélevés dans les 13 piscines. Dans 97 % des cas, la qualité bactériologique des eaux était conforme. Dans les neufs petits bassins existants, 93 % des 108 échantillons prélevés étaient conformes. Selon le directeur de Brulabo, la réglementation, qui est très sévère pour ce paramètre, exige l’absence totale de staphylocoque. "La plupart de non-conformités pour la bactériologie est due à la présence d’un très petit nombre de staphylocoques, ce qui ne représente pas un grand risque sanitaires", assure Ivan Suys.

Pour comparer la qualité entre les piscines, le critère utilisé par Brulabo est le chlore combiné, soit la fraction du chlore qui a réagi avec les matières organiques apportées par les baigneurs. Peu dépendant de la fréquentation instantanée, il est un indicateur chimique de la qualité hygiénique de l’eau.

Sur base de ce paramètre, les meilleures piscines de 2015 sont le Neptunium (0,16 mg de chlore combiné/litre ), l’Espadon (0,20 mg/l), le Sportcity (0,23 mg/l), Longchamp (0,26 mg/l), Triton (0,35 mg/l) et la piscine du Ceria (0,40 mg/l).

Cependant, aucune des 13 piscines bruxelloises n’a dépassé la valeur maximale autorisée pour le chlore combiné qui est de 0,80 mg/l. Si l’on examine les valeurs moyennes sur les 12 mois de 2015 dans les 13 piscines, la valeur la plus élevée n’est que de 0,53 mg/l, ce qui signifie que les sept piscines se trouvant plus bas dans ce classement talonnent de près les six meilleures.

"Ceci constitue une nette amélioration par rapport à l’année précédente où la moins bonne piscine avait encore une moyenne en chlore combiné de 0,73 mg/l et de nombreux dépassements ponctuels de la valeur de 0,80 mg/l. On peut donc conclure que la qualité de l’eau de nos piscines communales, qui était déjà très satisfaisante, continue encore à s’améliorer", se réjouit Ivan Suys.

Pour ce qui est de la qualité de l’air des piscines, les résultats de 2015 sont très semblables à ceux de 2014. Par rapport à la valeur maximale autorisée pour les chloramines qui est 0,5 mg/m³, la moyenne de tous les résultats reste stable à 0,22 mg/m³. Un seul résultat sur les 54 mesures réalisées en 2015 est très légèrement supérieur à la limite (0,51 mg/m³), indique Brulabo.


L’urée, un indicateur de la fréquentation

Pour comparer la qualité de l’eau entre les piscines, Brulabo préfère ne pas tenir compte de certains paramètres qui sont surtout liés à la fréquentation du bassin. 

Par exemple, les piscines d’Uccle et de Woluwe-St-Pierre qui reçoivent environ un millier de baigneurs par jour ont des valeurs moyennes en urée qui sont plus élevées que la moyenne, alors qu’elles sont 3e et 4e du classement basé sur le chlore combiné. "L’urée est donc un bon indicateur de l’intensité de la fréquentation mais moins de la qualité de la technique désinfection-filtration", conclut le directeur de Brulabo qui précise que l’urée est une substance certes indicatrice d’une pollution par les baigneurs, mais qui n’est ni nocive ni irritante, contrairement au chlore combiné.