Pour l'année 2009, elles ont diminué de 15%


BRUXELLES Les recettes de la Région bruxelloises se sont effondrées de 15% en 2009. Elle stagneront en 2010 ont affirmé jeudi le ministre-président bruxellois Charles Picqué et son ministre des Finances, Jean-Luc Vanraes, revenant en détail sur le projet de budget de la Région capitale pour 2010 adopté dans sa formule définitive par le gouvernement régional. En cause, a souligné Charles Picqué devant la presse à l'issue de la réunion hebdomadaire de son gouvernement, la démonstration par la crise économique de la fragilité du dispositif de financement de la Région bruxelloise qui pénalise bien plus qu'ailleurs le trésor public.

Résultat: la Région bruxelloise a dû réduire de presque 12% (15 millions d'euros) ses dépenses compressibles pour 2010 alors qu'ailleurs, on tourne autour des 4 à 5%, tout en veillant à maintenir des politiques essentielles pour les habitants.

En résumé, les principaux efforts seront effectués sur les investissements via des reports, principalement dans les départements de la mobilité (22 millions d'euros), des travaux publics (espaces verts, voiries) et infrastructures (55 millions) dont Charles Picqué avait dressé l'inventaire mercredi. On économisera aussi 10% sur les dépenses de cabinets, sur la dotation au parlement (2,5 millions d'euros) et sur les frais de fonctionnement de la STIB (10 millions d'euros).

Le gouvernement bruxellois compte par ailleurs faire entrer 19,5 millions d'euros dans les caisses en revendant des bâtiments et des terrains de la Société de Développement régional de Bruxelles à d'autres acteurs du secteur public: la Société d'Acquisition foncière qui gère les réserves de terrains jugés indispensables pour le développement de de la Région et, dans une moindre mesure, les communes.

Parmi les nouvelles escomptées sans faire appel aux particuliers, on épinglera une taxe de 7 euros/tonne identique à celle des Régions flamande et wallonne sur l'incinération des déchets des entreprises contribuables, 6 millions de recettes commerciales supplémentaires pour l'enlèvement des immondices, 15 millions dans la cadre de la lutte contre les procédés fiscaux de contournement des droits d'enregistrement, et 40 millions de dotations temporairement inutilisées par la Société de Logement régional de Bruxelles.

Selon M. Picqué, le gouvernement fédéral a donné son accord de principe pour réorienter les montants réservés à certains projets pas encore réalisés de l'accord de coopération Beliris vers des dépenses urgentes en matière de mobilité (notamment l'achat de nouveaux trams déjà commandés).

Soucieux de faire la démonstration de sa capacité de bonne gestion, le gouvernement bruxellois à donc réduit la voilure de 240 millions d'euros en 2009 et 290 millions d'euros en 2010, limitant le déficit à 300 millions d'euros sur un budget de 3 milliards d'euros, soit à un niveau inférieur à ce que préconisait le Conseil supérieur des Finances (359 millions d'euros en 2009, et entre 380 et 450 millions d'euros en 2010), a ajouté M. Vanraes.

L'opération ne pourra être répétée à l'envi sans mettre en péril la Région par l'effet boule de neige d'une accumulation de dettes, aggravée par des taux d'intérêts progressivement plus élevés, ont répété les deux ministres.

Bruxelles bénéficie actuellement toujours de taux d'intérêts réduits sur le marché grâce à une très bonne évaluation de sa gestion et de sa situation budgétaire (AA+ chez Standard and Poor's), a commenté à ce sujet M. Vanraes.

© La Dernière Heure 2009