L’attente se fait longue, dans le fond de l’avenue Gounod, à Anderlecht. À cette attente viennent doucement se mêler des sentiments d’inquiétude, d’incompréhension et de mécontentement, aussi.

Ce mardi dans l’après-midi, des riverains sont venus observer si leur maison n’avait pas encore bougé. Et les nouvelles sont peu rassurantes. Parmi eux, le plus âgé essaye de calmer ses voisins, visiblement énervés. "On espère pouvoir rentrer demain pour récupérer quelques affaires. Et puis, on rêve d’y retourner vivre."

Ce mercredi, des experts, pompiers et policiers seront dépêchés sur place pour fixer l’état des lieux.

Depuis vendredi en fin de soirée, les habitants des sept maisons du fond de l’avenue Gounod sont logés chez des proches, aux hôtels Van Belle et Ibis d’Anderlecht ou ailleurs, par le CPAS. Mais la situation n’a pas été simple pour tout le monde, témoigne un habitant déménagé. "Mon voisin n’avait pas de solution hier soir, il a dû menacer de retourner passer la nuit chez lui avec ses enfants pour qu’on lui trouve une solution !"

Départ illico et maisons vides

C’est au niveau de la gestion de la crise que le bât blesserait.

Tout d’abord au niveau du délai d’intervention dans la soirée de vendredi, où les problèmes sont apparus. " Les pompiers ont vu les fissures vers 20 h, mais personne n’est venu nous prévenir pour anticiper le départ. On a frappé à notre porte à 22 h pour nous dire qu’il fallait partir en quelques minutes. " Les habitants de l’immeuble auraient apprécié un peu plus d’anticipation.

Ensuite, l’aîné du groupe s’inquiète du manque d’une présence policière pour surveiller les maisons restées vides. " Samedi matin, vous ouvriez La DH et vous étiez informé que six maisons de la rue Gounod étaient vides pour quelques jours. En journée, je ne m’inquiète pas parce qu’il y a du monde qui vient voir, mais la nuit, c’est tout de même autre chose…"

Ce mercredi, les riverains viendront, accompagnés de leurs propres experts.

En procès depuis quinze ans contre la Stib à propos du chantier sous leurs maisons, ces habitants aimeraient s’assurer qu’aucun lien n’existe entre les deux sujets.

Mais ils préfèrent attendre les résultats d’expertise avant d’en dire plus…

Sylvain Anciaux