Plusieurs études ont montré que les ruches représentent un risque écologique pour les populations d’abeilles sauvages.

Alors que les environnementalistes ont longtemps vanté les mérites de l’implantation de ruches pour sauver la biodiversité, des études récentes ont démontré qu’il ne fallait pas en abuser. Il ressort de ces dernières que la présence des abeilles sauvages a drastiquement chuté dans les zones où l’abeille mellifère a été introduite, notamment dû au fait qu’il restait trop peu de nourriture après le passage des nouvelles venues.

Ainsi, Bianca Debaets (CD&V), ex-secrétaire d’État au Bien-être animal et députée bruxelloise, s’est intéressée à la situation particulière de notre Région. En novembre dernier, la députée a adressé une question écrite au ministre de l’Environnement Alain Maron (Écolo). "La conclusion des chercheurs est qu’il faut moins de ruches au kilomètre carré et davantage de verdure (fleurs) dans la ville. Combien de ruches la Région a-t-elle installées dans le cadre de la biodiversité ?", interroge-t-elle.

Historiquement, l’agence régionale Bruxelles Environnement a mis une vingtaine de sites à disposition d’apiculteurs, dans les espaces verts et potagers, "à une époque où aucun problème écologique n’était suspecté", précise le ministre dans sa réponse. "On sait à présent que les ruches représentent un risque écologique probable pour les populations d’abeilles sauvages, sur 600 m et jusqu’à environ 1 200 mètres d’un rucher, comme l’ont montré plusieurs études récentes et comme le suggèrent les données récoltées par l’Université libre de Bruxelles sur le territoire régional."

D’ici le printemps 20020, les ruchers seront dès lors supprimés des zones Natura 2000, conformément aux demandes du Conseil supérieur bruxellois de la conservation de la nature, formulées en avril 2017. "Ceux présents dans les réserves naturelles avaient déjà été supprimés", poursuit Alain Maron. Par contre, certains ruchers de sites de potagers familiaux seront quant à eux conservés, en renforçant leur rôle pédagogique sur la relation entre les abeilles et la production alimentaire, en favorisant l’apiculture douce et en garantissant le respect des législations fédérales.

Pour le ministre, l’enjeu des prochaines années est aussi la mise en place d’un cadastre apicole basé sur des déclarations annuelles obligatoires. "Il est difficile d’estimer le nombre de ruches dans notre région, faute de déclaration obligatoire et standardisée. Ces dernières années, on constate une augmentation du nombre de ruches dans l’hyper-centre urbain dense, notamment en raison d’un phénomène de ‘parrainage’, conduisant des entreprises et institutions publiques à s’associer à des apiculteurs pour installer des ruches sur leurs terrains, toitures, etc. L’installation de ces ruchers est soumise à des règles de distance des habitations ou de la voie publique détaillées sur le site de Bruxelles Environnement."