La Région laisse une période de tolérance qui permet aux commerçants d’écouler leur stock jusqu’à la fin du mois de novembre.

"C’est une excellente chose, tant pour l’environnement que pour l’économie, car ces sacs plastique coûtent une fortune."

Derrière son comptoir, Jean-Pierre Bontemps, boucher de la rue Vanderkindere à Uccle, accueille avec satisfaction la mesure visant à interdire les sacs plastique à usage unique dès ce 1er septembre. "Afin de sensibiliser et d’informer ma clientèle, je dépose les paquets de viande ou de charcuterie sur le comptoir, mais sans les mettre dans un sac plastique, afin qu’ils m’en demandent un spontanément. Je leur explique alors qu’à partir de ce vendredi, ce ne sera plus possible", explique Jean-Pierre.

Selon lui, l’accueil réservé par les clients est positif. "La plupart d’entre eux sont réceptifs et reviennent dans ma boucherie avec leur propre sac en tissu ou leur petit cabas. D’autres continuent à demander des sacs plastique et, dans ce cas-là, je leur compte un supplément financier", ajoute celui qui est également président de l’association des commerçants de Cavell Village. "Dans mon quartier, le message est bien passé et bon nombre de commerçants proposent depuis quelques semaines des sacs réutilisables afin de ne pas brusquer leur clientèle."

Concrètement, le processus de suppression des sacs plastique touche tous les types de commerces : épiceries, night shops, alimentation générale, grandes surfaces, échoppes de marchés, poissonneries et boucheries. "Nous laissons toutefois une période de tolérance aux commerçants qui ont jusqu’à la fin du mois de novembre pour écouler leur stock existant. Des inspections seront ensuite organisées et les contrevenants se verront infliger une amende", explique Céline Fremault (CDH), ministre bruxelloise de l’Environnement.

La ministre balaie d’un revers de la main les critiques estimant que la communication n’a pas été suffisante. "On n’a voulu prendre personne en traître puisque la décision a été annoncée depuis l’année passée ! On a travaillé avec des associations de commerçants, avec Atrium (l’Agence régionale du commerce, NdlR) et Bruxelles Environnement pour prévenir les clients et commerçants afin que ces derniers puissent anticiper les dernières commandes de sacs plastique" , ajoute Céline Fremault.

Au niveau de la communication, c’est Bruxelles Environnement qui s’est chargée de produire un kit de communication qui a été distribué aux commerçants, via Atrium. Ce kit comprend des affiches, des flyers, des sacs réutilisables, etc. à apposer sur les vitrines ou à l’intérieur des commerces. Une campagne radio est également en cours depuis le 15 août dernier et un affichage digital est organisé dans les stations de métro. En tout, plus de 25.000 magasins ont pu bénéficier des outils de Bruxelles Environnement pour sensibiliser vendeurs et acheteurs.

Rassurer les commerçants inquiets

Dès février, Atrium a été à la rencontre des commerçants pour les informer de la suppression. "En tout, 404 commerçants ont été interrogés, parmi lesquels 70 % étaient au courant. En revanche, d’autres commerçants se sont montrés inquiets car ils ne savent pas spécialement comment ils doivent s’y prendre une fois l’interdiction en vigueur, et craignent de ne plus répondre aux normes Afsca", explique Arnaud Texier, directeur d’Atrium. C’est là que le rôle de l’Agence bruxelloise du commerce prend tout son sens puisqu’elle doit maintenant rassurer les commerçants. "Dès ce mois de septembre, on va retourner sur le terrain pour distribuer des affiches et autocollants pour sensibiliser les clients, et nous irons à la rencontre des commerçants pour lister leurs inquiétudes et proposer des solutions personnalisées."