"Ce sparadrap, c’est scandaleux. Après 4 ans de saga judiciaire, et gain de cause, le parlement bipasse la justice. On transforme des travailleurs illégaux en travailleurs légaux en leur donnant des licences de taxis sans contrepartie".

Il ne décolère pas, Sam Bouchal. Le porte-parole de la Fédération Bruxelloise des Taxis (BTF) prévient: "on va attaquer cette ordonnance transitoire, c’est évident. Nous irons au pénal réclamer des indemnités sur le chiffre généré par les plateformes et leurs chauffeurs depuis qu’ils roulent dans l’illégalité que deux cours ont confirmée. Et nous planifierons des actions dans la rue, très puissantes, très dures".

«L’écœurement est à son comble»

Auprès des taximans bruxellois, c’est "un sentiment d’injustice et de colère" qui domine. D’après leur représentant, "l’écœurement est à son comble" chez une base "qui ne croit plus en rien". Seule bonne nouvelle à l’horizon: "le front commun s’est reconstitué. Entre les différentes fédérations, mais aussi avec les syndicats FGTB, CSC et même CGSLB. S’il y avait risque de bain de sang social, vous pensez vraiment qu’ils soutiendraient nos propositions?"

Sur les nouvelles règles temporaires "qui doivent être contrôlées sur le terrain", Sam Bouchal ironise. "Ces 20h minimales, c’est ridicule. Si un chauffeur lance l’app Uber pendant qu’il se rase ou qu’il conduit un tram, le compteur tourne. Tout ça est très insultant: on nous prend pour des idiots". L’homme vise "et Uber, et l’hémicycle".

«Pour les 500 ou 600 gars dans la m***, il y avait une solution»

Et de continuer: "on prétend que 2000 chauffeurs risquaient de perdre leur emploi, mais tout le monde sait que c’est faux. Pour les 500 ou 600 gars dans la m***, il y avait une solution sous forme de contrat de travail en CDI dans les entreprises de taxis. Nous l’avions d’ailleurs proposé. Le cadastre que j’ai réalisé pour Actiris montre que rien que chez BTF, il manque 655 taxis. Pour ceux qui veulent rester indépendants, on aurait pu négocier quelque 200 licences qui ne sont pas idéalement exploitées aujourd’hui via la commission de Bruxelles Mobilité. Pour ceux qui refusent ces deux options, on pouvait enfin penser au leasing ou à la location de licence".

Sam Bouchal est amer. "Aucun parti n’a répondu à nos propositions".