"Après une sortie au Waff, gros black-out le lendemain, des bleus sur mon corps, une sensation "particulière" au niveau de mon vagin, comme si on m'était clairement rentré dedans. Des douleurs à l'entre-cuisse, j'avais un tampon, il a disparu", témoigne anonymement une victime d'agression sexuelle sur Instagram, via le compte Féminismebxl.

"Je me suis réveillée un jour après être sortie au El Café, dans mes draps plein de sang. Sans culotte, ni pantalon, juste mon pull. Un emballage de capote par terre. J'avais aucun souvenir. J'ai appelé des amies à la rescousse et l'une d'entre elles a été montrer ma photo au staff du bar. Un serveur lui a expliqué qu'il m'avait "portée" chez moi et qu'il avait "craqué", mais que rien de grave ne s'était passé. Malgré les preuves du contraire, j'ai voulu le croire et j'ai enfermé cette histoire au fond de moi". Certaines victimes ont porté plainte depuis cette libération de la parole sur Instagram.

Leurs histoires semblent faire l'état du même modus operandi. Elles parlent d'un serveur qui les embrasse, qui les entraîne ensuite vers les toilettes de l'établissement avant de les y laisser et de téléphoner à leurs proches pour leur demander de venir les chercher. Nous évoquions déjà, hier, cette sordide affaire au Cimetière d'Ixelles. Le parquet a confirmé l'ouverture d'une enquête.

"Un truc que plusieurs serveurs font toujours avec les filles, c'est qu'ils leur offrent blindé de shots, et surement pas que des shots. Après, elles ont un black-out et ils en profitent pour les b...", nous explique une source qui dénonce que plusieurs serveurs se comporteraient de cette façon.

"Trou noir ", "aucun souvenir", "une gorgée de bière et un black-out total", les témoignages de victimes droguées dans l'un des deux bars s'accumulent. Pour certaines, elles rentreront saines et sauves. Toutes n'auront pas cette chance. "Je n'ai que des flashes de la soirée. Je me suis finalement réveillée avec lui dans mon lit et je sais pertinemment que dans mon état normal je n'aurais jamais accepté de coucher, d'avoir une relation intime avec cette personne", lit-on encore sur Instagram. Les faits décrits par les victimes datent de cet été, mais remontent pour certains jusqu'à plusieurs années.

Contactée ce mardi par nos soins, la direction d'un des établissements ixellois visés, le Waff, se défend et se dit démuni face à cette situation : "Nous aimerions bien en savoir plus sur cette affaire mais ni la police, ni les autorités judiciaires ne communiquent avec nous", affirme l'un des associés du bar où la police est pourtant venue saisir des images de caméra de surveillance. "C'est vrai qu'ils sont venus demander des images mais cela se fait régulièrement et les policiers ne nous précisent pas toujours pour quelle raison ils en ont besoin. En tant qu'employeur, je ne vois pas sur quelle base légale je pourrais mettre une personne à la porte alors qu'elle n'est pas inculpée par la justice. Nous avons toutefois décidé ce lundi, et par principe de précaution uniquement, de procéder à une mise à pied de ce serveur. Nous espérons que justice sera rendue au plus vite, par respect pour les victimes si les faits sont avérés et pour la personne incriminée si ce n'est pas lui. En 15 ans, nous avons toujours veillé à la sécurité tant des clients que de notre personnel" répète l'un des patrons.

L'autre bar incriminé a quant à lui démenti les témoignages, parlant "d'allégations".