La majorité Ecolo-PS a adopté jeudi soir un règlement qui passe mal auprès des tenanciers.

La majorité Ecolo-PS a adopté hier lors du conseil communal un règlement visant à fermer les terrasses de l'ensemble de la commune à partir de minuit trente tous les jours. Une mesure qui entrera en vigueur à partir du vendredi 28 juin et qui vise à faire respecter la quiétude des riverains dans ce quartier animé de la capitale.

Concrètement, cela signifie que tout le mobilier devra être rangé pour cette heure-là. On pense ici aux chaises, tables, parasols, étalages, cendriers, présentoir, etc.

Du côté des tenanciers, cette mesure passe mal. "Cette mesure a été prise unilatéralement, sans aucune concertation", regrette Liza Miller, présidente de l'association des commerçants de Flagey et gérante du bar Le Pantin, situé au début de la chaussée d'Ixelles.

L'année passée déjà, ce règlement pris par l'ancienne majorité MR-PS avait fait couler beaucoup d'encre. "Nous avons fait tout un travail l'année passée pour bien faire comprendre aux autorités locales que le problème, ce n'était pas les terrasses mais bien la consommation de rue. Nous avions finalement été entendus et l'heure de fermeture des terrasses avait été repoussée à une heure du matin, avec des mesures prises pour encadrer la consommation de rue", poursuit notre interlocutrice, qui dit avoir perdu 25 % de son chiffre d'affaires l'année passée suite à cette mesure.

Liza Miller regrette un manque de cohérence et craint de voir la clientèle déserter Ixelles. "Cette mesure n'est pas d'application dans les autres communes bruxelloises et cela va faire du tort aux établissements ixellois car les gens iront s'abreuver ailleurs. La fermeture précoce des terrasses va de surcroît augmenter le nombre de consommateurs de rues. Quitte à rester cohérent, autant instaurer cette mesure sur l'ensemble de la Région bruxelloise."

Dans le règlement adopté hier, il est précisé que "le conseil communal est compétent pour toute modification du présent règlement."

Et c'est ce qu'espère la présidente des commerçants de Flagey... "Les autorités doivent bien comprendre qu'il faut ouvrir la concertation pour ce genre de mesure et ne pas décider unilatéralement. J'espère que nous serons entendus à l'instar de l'année passée."

"Il faut un médiateur de nuit"

Geoffroy Kensier, chef de groupe Objectif XL regrette le manque de dialogue et de concertation avec les tenanciers et les riverains. "La majorité a décidé unilatéralement de fermer les terrasses à 00h30 tous les jours y compris le week-end. C’est une décision importante qui aurait mérité d’être co-construite dans la sérénité. Le bourgmestre, en tant que chef de la police, va-t-il envoyer des équipes pour faire respecter ce règlement ?" s’interroge l’élu d’opposition qui propose une autre méthode. "Pourquoi à l’instar d’Amsterdam, Mannheim, New York, Londres et de Zurich, ne pas mettre en place à Ixelles une fonction de médiateur de la nuit ? Il aurait pour mission de pacifier les tensions existantes et de proposer des solutions acceptables et durables et ainsi garantir le respect des règles du vivre-ensemble par tous."

"L'objectif n'est pas de casser la fête"

Contacté, Christos Doulkeridis (Ecolo), bourgmestre d'Ixelles, explique avoir l'intention de mettre en place un "conseil de la nuit". "Ce conseil rassemblera différents acteurs concernés par les activités nocturnes, à savoir les exploitants, commerçants, représentants des night-shops, habitants, services de police, de prévention et de la propreté, pour travailler sur des règles plus nuancées et plus souples à certains endroits et certains jours."

"La mesure prise de fermer les terrasses à minuit trente est un acte technique qui prolonge les règles prises sous la précédente législature communale. L'objectif n'est pas de "fliquer" et de vérifier que chaque établissement ferme sa terrasse à partir de minuit 29, mais il convient d'avoir une logique d'équité entre les quartiers, et de respecter l'équilibre des fonctions entre la vie nocturne et la qualité de vie des riverains. On veut sensibiliser au fait que la quartier n'appartient pas qu'à un seul type de public", conclut le bourgmestre.