Par cette action symbolique, elles entendaient attirer l'attention sur l'absence de protection des travailleuses domestiques en situation irrégulière qui voudraient dénoncer des violences de leur employeur.

Environ 80 personnes ont participé à l'action mercredi, entre 18h et 19h30. La chanteuse lyrique Catherine Maufroy a ouvert la manifestation sur un air de Sergei Rachmaninoff traitant de migration. Deux grandes banderoles disposées autour de la scène clamaient: "Egalité et justice pour tous !" et "Vos toilettes propres, nos propres papiers!".

Les piliers du théâtre de La Monnaie avaient été placardés de centaines de cartes postales adressées aux décideurs politiques.

La Ligue des travailleuses domestiques de la CSC réclame pour les femmes qui portent plainte contre leurs patrons la délivrance d'un titre de séjour provisoire, valable pour la durée de la procédure, un accès aux refuges en cas de violences et un traitement égalitaire dans les centres de prévention contre les violences sexuelles. Elle exige l'accélération de la ratification de la convention C190 de l'Organisation internationale du Travail (OIT) sur les violences au travail et l'application de la C189 contre l'exploitation des travailleuses domestiques ratifiée par la Belgique en 2015.

"La police est tenue de prévenir l'Office des Étrangers", explique Eva Jiménez Lamas, responsable syndicale interprofessionnelle CSC-Bruxelles. "Comme elles sont en situation irrégulière et qu'elles n'ont pas de réelles garanties pour les protéger, elles ont peur d'aller porter plainte à la police. C'est pareil pour les travailleurs sans-papiers. Tous les travailleurs sans-papiers peuvent normalement porter plainte contre leurs employeurs dans le cadre de la directive européenne Sanctions, mais comme ils ne reçoivent pas le titre de séjour durant la durée de la procédure, ils ne portent pas plainte par peur d'être placés en détention dans un centre fermé. L'article 13.4 de la directive Sanctions, qui permet de donner ce titre de séjour pour la durée de la procédure, n'a pas été transposé en Belgique".

Les manifestants s'adressaient au Secrétaire d'Etat fédéral à l'Asile et à la Migration Sammy Mahdi, au ministre bruxellois de l'Emploi Bernard Clerfayt, à la Secrétaire d'Etat bruxelloise à l'Egalité des chances Nawal Ben Hamou et à la Secrétaire d'Etat fédérale à l'Egalité des chances et à la Diversité Sarah Schlitz.