Le bureau permanent du CPAS de Schaerbeek a décidé vendredi de mettre fin au contrat de sept infirmières et aide-soignantes contractuelles de la maison de repos La Cerisaie, a annoncé samedi Sophie Querton, la présidente du CPAS. Le mois dernier, l'infirmière en chef d'un étage et un infirmier avaient également été licenciés. Carine Rosteleur, secrétaire régionale à la CGSP, estime que ces licenciements trahissent des tensions avec une direction qui serait critiquée par le personnel et qu'ils sont justifiés par des relevés de manquements remontant à fin 2019. "On leur fait faire des nuits à 3 au lieu de 4 et après on utilise les choses qui n'ont pas pu être faites pour motiver les procédures disciplinaires", dénonce la syndicaliste socialiste.

Il est, selon elle, "honteux" de licencier, au sortir de la crise sanitaire, du personnel soignant qui a été en première ligne au fort de l'épidémie. "Elles travaillent vraiment bien. A La Cerisaie, il n'y a presque pas eu de cas de Covid-19, presque pas eu de décès... On les licencie parce qu'elles n'ont pas badgé à un moment, pas signé un document... Ce sont des nouvelles procédures. C'est bien sûr important, mais il y a normalement une gradation des sanctions. Licencier directement sans avertissements ou mises à pied entre-temps montre qu'on veut d'abord se débarrasser des gens. (...) On licencie les travailleuses qui osent s'opposer."

Carine Rosteleur remarque qu'il sera difficile de retrouver rapidement autant de soignants, le métier souffrant d'une pénurie, et que la charge de travail va en conséquence retomber sur le personnel, en sous-effectif, restant.

La directrice fait l'objet d'une plainte pour remarque raciste datant de 2019, qui n'a pas encore été jugée. Toutes les personnes licenciées à l'exception de l'infirmière en chef sont d'origine africaine, mais c'est aussi le cas de la majorité du personnel soignant de La Cerisaie.

Le présidente du CPAS schaerbeekois avance que la directrice a été entendu pour la remarque raciste et qu'elle a présenté ses excuses. Sophie Querton ajoute qu'il s'agit d'une faute isolée alors que les manquements des contractuelles licenciées ont été répétés. "Nous souhaitons travailler dès à présent dans un climat serein et apaisé, ceci dans l'intérêt non seulement des résidents de la maison de repos et de soins La Cerisaie mais aussi des nombreux travailleurs", conclut-elle.