En 2017, une pétition signée par quelque 4 000 personnes voulait empêcher la destruction du bâtiment.

C’est un coup dur pour le patrimoine bruxellois et pour la Ville de Bruxelles. Alors qu’elle tente de le défendre depuis des années, l’immeuble à l’angle de la rue du Marais et de la rue des Sables sera bel et bien démoli. La Région et le Conseil d’État ont en effet donné le permis à la HUB (rebaptisée Odisee).

Un projet de nouveau campus de la HUB (Hogeschool Universiteit Brussel) impliquant la disparition de l’immeuble, à deux pas du Centre belge de la bande dessinée, a reçu l’aval de fonctionnaires régionaux dans l’avis de la Commission de concertation du 30 septembre 2014. La Ville de Bruxelles avait pour sa part remis un avis négatif, "qui est resté minoritaire", déplore Geoffroy Coomans de Brachène (MR), conseiller communal à la Ville et ex-échevin du Patrimoine. Le permis pourrait donc être délivré bientôt.

"Début 2017, la Ville avait déposé un recours visant à empêcher la démolition de ces magnifiques immeubles situés dans le quartier du Marais, juste face au lieu symbolique de la plantation du Meyboom", explique le libéral . "Le gouvernement accorde un permis de démolition d’un immeuble de l’architecte Paul Saintenoy, fustige-t-il. "La pétition de l’Arau mérite donc une rediffusion."

Lancée il y a deux ans par l’Atelier de recherche et d’action urbaines (Arau), cette pétition avait rassemblé, à l’époque, plus de 4 000 signatures. "À l’heure où les pouvoirs publics prônent des économies d’énergie à toutes les échelles, et où le patrimoine architectural bruxellois est enfin reconnu pour son attractivité touristique, il est inadmissible qu’à deux pas de la zone Unesco et sur le site du Meyboom, des administrations publiques soutiennent un tel gaspillage d’énergie grise et un tel saccage du patrimoine bruxellois !", peut-on lire dans le texte actualisé du document.

En plus de se situer sur un parcours très emprunté par les touristes, ainsi que dans le périmètre de la zone de protection de biens classés, ce projet de démolition-reconstruction touche les bâtiments de l’ancienne Compagnie minière de style néoclassique et Art déco.

"De plus, le quartier du Marais n’est plus un no man’s land, précise encore la pétition. De nouveaux projets de logements s’y sont développés et plus de 140 ménages y habitent aujourd’hui. Ils ont déjà subi beaucoup de travaux. Ils ne veulent pas de travaux inutiles."

Contacté par La DH à l’époque, le cabinet du ministre-Président Rudi Vervoort (PS), également en charge du Patrimoine, indiquait que "l’immeuble ne présente pas un intérêt patrimonial suffisant pour être inscrit sur la liste de sauvegarde et encore moins pour être classé".