"Ce meurtre s'appelle un féminicide. Il fait partie des 38 autres féminicides commis en 2018. C'est pourquoi nous vous demandons de poser la question de la circonstance aggravante que le meurtre a été commis sur la base du mépris d'une personne en raison de son sexe", a plaidé Me Alice Lecomte, vendredi matin, devant la cour d'assises de Bruxelles. 

Dans ce procès, Gheorghita-Iulian Zaharia, un homme âgé de 34 ans, est accusé du meurtre de sa compagne, Ulfet Akgül, commis en janvier 2018 à Schaerbeek. "Ce meurtre, c'est un crime de propriété. L'accusé imaginait la séparation comme inenvisageable. Cela devient tristement fréquent dans notre société à l'heure actuelle", a plaidé Me Alice Lecomte, qui défend, avec Me Laurent Kennes, les intérêts de la partie civile.

"Il suffit de lire les messages que l'accusé envoie à des connaissances, juste après avoir commis le crime, pour se rendre compte qu'on est au sommet du mépris des femmes", a poursuivi l'avocate, rappelant que Gheorghita-Iulian Zaharia a qualifié la victime de "pute" et de "salope", et qu'il a même envoyé une photo du cadavre.

"Le dossier montre que, dans toutes ses relations avec les femmes, il leur impose ses limites, il domine. Et il se targue de consommer les femmes en énumérant ses relations. Quand on lui demande, lors de l'enquête de personnalité, quels sont ses hobbies, il répond entre autres: "les femmes", ajoutant qu'il a une préférence pour les blondes", a exposé la pénaliste.

"Le soir des faits, la colère d'Ulfet Akgül était légitime. Elle voulait qu'il parte et lui avait déjà demandé à plusieurs reprises. Elle lui re-demande, c'est vrai d'une façon virulente, mais légitime. On est clairement dans une phase de rupture", a plaidé Me Lecomte.

Gheorghita-Iulian Zaharia est en aveu d'avoir tué sa compagne, Ulfet Akgül, le 8 janvier 2018. Cette femme âgée de 43 ans a été retrouvée morte dans son appartement, avenue du Diamant à Schaerbeek, le 10 janvier 2018 vers 18h00. Elle se trouvait dans son lit, sous une couette, la tête enveloppée dans un sac en plastique serré autour du cou, et les pieds et poings liés.

Les médecins légistes ont déterminé que la mort remontait à environ 48 heures, soit au 8 janvier en soirée, et qu'elle était la conséquence d'une asphyxie provoquée par des manœuvres de strangulation.

Surnommée Lulu, la victime âgée de 43 ans était très connue dans le quartier pour avoir travaillé dans de nombreux cafés des alentours. Son fils, âgé d'une vingtaine d'années, s'inquiétait de ne plus avoir de nouvelles de sa mère depuis deux jours déjà.