Les personnes présentes étaient relativement calmes et la situation semblait sous contrôle. Pourtant, les autorités communales n'avaient pas autorisé cette manifestation et la police a donc procédé à l'interpellation des manifestants.

Cependant, les conditions des arrestations sont quelque peu contestables: les mains sont entravées par des colsons et les personnes sont assises par terre les unes derrières les autres sans le 1m50 de distanciation sociale. Une situation qui étonne Olivia Venet, présidente de la Ligue des Droits Humains, au micro de RTL : "A la base, ces arrestations sont justifiées par le non respect des mesures sanitaires mais en réalité les conditions dans lesquelles les personnes sont arrêtées ne sont pas conformes à la crise sanitaire. On peut alors se demander 'Quelle est l'intention de l’État ?'", s'interroge-t-elle, "Est-ce que c'est faire respecter les mesures sanitaires ou montrer sa force ?"

De son côté, Philippe Close (PS), bourgmestre de la ville de Bruxelles, se défend en avançant le nombre important de manifestants présents. Ils étaient environ 500 contre les 100 autorisés actuellement: "C'est ce que la loi nous autorise. Je rappelle que la manifestation était interdite. Il y avait également une demande de la Ministre de l'Interieur (Annelies Verlinden, ndlr.) de ne pas l'accepter", se justifie-t-il.

Philippe Close reconnaît cependant que le cadre actuel n'est pas adapté: "Il faut que les gens qui sont contre les mesures puissent aussi s'exprimer. C'est aussi ça la démocratie."

En effet, manifester est un droit en Belgique comme le rappelle l'article 19 de de notre Constitution: "La liberté des cultes, [...] ainsi que la liberté de manifester ses opinions en toute matière, sont garanties [...]"

Selon Olivia Venet, se sont donc bien les individus qui commettent des infractions qui doivent être interpellés: "Comme tous les citoyens, ceux qui manifestent pacifiquement doivent être protégés par les forces de l'ordre."